« Chaque sommet de l'OCi porte sur la Palestine »

« Chaque sommet de l’OCi porte sur la Palestine »
CHEIKH TIDIANE GADIO, PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRE DE L'OCI

Ministre d'Etat, Ministre des Affaires Etrangères du Sénégal, Cheikh Tidiane Gadio a pris fonction en mars 2000. Il reste le seul Ministre sous l'alternance qui a su résister aux vents et marrées des remaniements ministériels. Président du Conseil des ministres de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), Gadio revient sur les enjeux et impacts du sommet de l'OCI.


A quelques semaines du sommet, Dakar a abrité la rencontre des hauts fonctionnaires de l'OCI. Quel est l'objectif de ladite réunion ?
En rapport avec le secrétariat général de l'OCI, le Sénégal a apporté une innovation sur une question importante. Le sommet de l'OCI traditionnellement se déroule de la manière suivante : vous avez l'ouverture des travaux par la réunion des hauts fonctionnaires deux jours, la réunion des ministres deux jours et en fin la réunion des Chefs d'Etat et souverains deux. Au lieu d'attendre le 8 mars, le Sénégal a scindé la réunion des hauts fonctionnaires en deux phases. La phase un s'est tenue à Saly du 18 au 20 février et la phase deux se tiendra à Dakar du 8 au 10 mars. Pourquoi ? Il y a des questions importantes à l'ordre du jour du sommet qui font encore l'objet d'échanges et de discussions. Nous avons estimé que c'était trop risqué d'attendre le 8 et 9 parce que s'il n'y a pas de consensus, ces questions ne seront pas traitées. C'était juste de donner l'opportunité à la Oumah de discuter de ces questions. C'est ce que nous avons fait à Saly. Les résultats étaient excellents car nous avons déblayé le terrain, simplifié et harmonisé beaucoup de choses en trois jours.
Par exemple ?
L'ordre du jour du sommet de l'OCI c'était 96 points. Il n'était pas facile de traiter toutes ces questions en peu de jours. On était obligé de tout bâcler pour terminer le travail. A la réunion de Saly, nous avons fonctionné par chapitre et l'on se retrouve avec 10 à 12 points. C'est vraiment une grande victoire pour l'agenda des ministres et des Chefs d'Etats et Souverains. En rationnalisant, nous avons pu mettre l'accent sur ce qui nous semble le plus important en respectant la tradition mais tout en innovant avec l'introduction de deux éléments nouveaux par le Sénégal. C'est le panel. Nous voulons un panel des Chefs d'Etats et Souverains sur la question d'un « Nouveau partenariat économique dans la Oumah islamique ». Et nous voulons que les grands ténors de la Oumah prennent la parole pour échanger sur la question. Ensuite, nous avons un deuxième panel que nous voulons appeler « Sciences et Technologies », mais le Président Wade a proposé un concept plus dynamique qu'il a appelé « Partage du savoir dans la Oumah islamique ». Donc ce panel avec le Président sortant de la Oumah, c'est-à-dire le Premier ministre de la Malaisie¸ nous espérons avoir un débat de très haut niveau parce que la science et la technologie sont importantes. Elles sont présentes dans la Oumah, mais ne sont pas valorisées peut être comme il faut. Arrive maintenant l'autre grande question de Saly, la Charte. Les discussions sur les différents articles de la Charte qui doivent faire objet de consensus avant le sommet de Dakar. La question difficile de l'autodétermination a été discutée, des propositions existent et nous pensons que nous arriverons à un très bon résultat. Ensuite la question des nouveaux membres. Quels sont les critères d'adhésion de membres à part entière ou observateurs ? Quel statut ? Comment décider de l'adhésion ? Est-ce que c'est à l'unanimité ou au deux tiers des membres? Est-ce que c'est par consensus et comment ont défini le consensus ? Nous voulons trouver des solutions à toutes ces questions. C'est ce qui justifie notre rencontre de Saly et nous sommes sortis avec des avancées significatives quant à l'adoption de la nouvelle Charte de l'OCI.

La présidence du conseil des ministres de l'OCI vous revient de droit parce que vous êtes le ministre des Affaires Etrangères du pays organisateur. Quelle sera votre mission ?
Le ministre des affaires étrangères du Sénégal devient Président du Conseil des ministres de l'OCI et le Président du Sénégal devient Président de la Conférence des Chefs d'Etat de l'OCI. C'est déjà fait parce que nous avons déjà élu le nouveau bureau de l'organisation pour les trois prochaines années et le Sénégal a été porté à la tête de l'organisation. A partir de ce moment, il ne reste que la passation symbolique du marteau c'est-à-dire du pouvoir. Nous avons déjà présidé la première rencontre à savoir celle des hauts fonctionnaires. Maintenant la présidence est nécessairement placée sous le sceau des thèmes des deux panels que nous avons présenté : « Le Nouveau partenariat économique dans la Oumah islamique et le Partage du savoir dans la Oumah islamique ». Et comme je le répète souvent, le sommet de la Malaisie a placé les musulmans asiatiques dans la carte de la Oumah islamique. Le sommet de Dakar doit faire la même chose pour les musulmans africains qu'on les connaisse mieux, leur contribution au développement de l'Islam, leur histoire etc. En plus la présidence sénégalaise permettra de mettre en ½uvre les réformes contenues dans la nouvelles Charte de l'OCI. Et ces réformes devront nous positionner pour appliquer le plan décennal qui a été arrêté à la Mecque, il y a bientôt trois ans.
L'érection de la Palestine en Etat avec des frontières reconnues et respectées par tous, la résolution du problème Afghan, la création d'un grand marché dans l'espace des pays membres, l'assistance médicale, la construction d'écoles et d'universités, d'édifices religieux. Tels sont les points à l'origine de la création de l'OCI. Quarante ans après, l'OCI tarde à concrétiser ces objectifs. Quelles les raisons de ce retard selon vous ?
Les raisons peuvent être nombreuses. Sur un point par exemple la résolution de la question palestinienne, c'est évident maintenant pour tout le monde que ce n'est pas une question exclusivement entre les mains de la Oumah islamique. Si tel était le cas, en 1969 après l'incendie de la mosquée Al Aqsa, sa Majesté le roi Hassan II en convoquant une réunion pour demander une réaction, une riposte des musulmans, ce qui est à l'origine de la création de l'OCI. En passant d'ailleurs quelqu'un m'a dit, « on vous a écouté à Saly mais vous n'avez pas parlé de la Palestine. Est-ce à dire que la Palestine ne fait pas partie de votre ordre du jour ? ». Je lui ai dit que chaque réunion, chaque sommet de l'OCi porte sur la Palestine. Beaucoup ont même oublié que l'un des objectifs majeurs de l'OCI c'est que quand la Palestine aura son indépendance véritable et Al Huds al Sharif comme capitale, nous allons déménager. C'est déjà écrit. La décision est prise que nous allons déménager le siège de l'OCI à Al Huds al Sharif. Don c'est pour dire véritablement que l'OCI et la Palestine ne font qu'un du point de vu des objectifs et des finalités de cette organisation. Maintenant comme je l'ai dit, les Nations Unies sont impliquées dans le problème palestinien. Notre pays le Sénégal préside le comité palestinien depuis 32 ans aux Nations Unies. Donc on connaît bien le problème et on voit clairement que si cela ne dépendait que de nous et ne relevait que de la Oumah islamique et même des pays amis de la oumah, le problème serait réglé. Mais très complexe, nous suivons et nous soutenons nos frères de la Palestine. Aujourd'hui l'appel qu'on peut lancer, avant d'imposer quoi que ce soit à l'Israël, essayons d'imposer à nos frères palestiniens la réconciliation. C'est incompréhensible que par leurs divisions internes, ils fassent le lit à plus d'oppressions et d'injustices contre leur peuple. Nous leur lançons un appel solennel pour retrouver la fraternité et l'unité du peuple palestinien. L'unité dans les objectifs, l'unité dans les comportements pour qu'on réalise l'Etat palestinien indépendant et souverain dans des frontières sûres et internationalement reconnues à côté d'un Etat d'Israël indépendant et reconnu dans es frontières internationalement reconnues. Ça c'est une question. L'autre question, c'est que la coopération a été très timide dans la Oumah. On a fait de la zakat, aider les gens etc, le Président Wade a dit : « on doit dépasser cette étape. Il n'est pas gênant qu'un pays musulman investit dans un autre pays musulman. Qu'un pays musulman qui a des milliers de milliards de dollars au lieux de les laisser générer des profits et des intérêts dans les banques occidentales, pourquoi ne pas les investir dans les projets porteurs dans les autres pays. Un vous contribuez à leur développement, le développement de leurs infrastructures, et trois vous aidez un pays frère et quatre vous faites des profits raisonnables que vous pourrez rapatrier chez vous pour avoir plus de moyens, de capacités d'aider d'autres pays. » Nous voulons décomplexer les relations entre pays musulmans sur la question de l'économie et des investissements. Et j'espère que le sommet de Dakar sera l'occasion d'une véritable relance.
Aujourd'hui nous avons vu que c'est la tension de beaucoup de pays musulmans tel que l'Iran, l'Iran, l'Afghanistan, le Liban, le Tchad, le Soudan etc. Qu'est ce que le sommet prévoit pour le règlement des conflits ?
Les sommets de l'Oci ont toujours à part les thèmes proposés, le thème du Sénégal est : « la Oumah islamique dans le 21ème siècle ». Il y aura un débat, une discussion dans les panels par rapport à cette question. Mais après l'OCI on traite des questions traditionnelles. Les zones de conflits, de crises, des affaires politiques, la Palestine ; les affaires sociales et économiques tout ça c'est prévu. Maintenant, est ce que c'est à l'occasion du sommet que des décisions majeures qui vont résoudre les problèmes vont être prises ? J'en doute, parce que les sommets permettent de dénoncer les principes généraux. Pendant les trois ans de la présidence sénégalaise, nous avons un immense travail à faire. J'ai dit qu'il fallait rendre visible les musulmans africains. Il faut accompagner par exemple le processus en Côte d'Ivoire, au Nigeria, en Guinée, au Sénégal etc où les musulmans doivent s'affirmer. Mais dans des communautés nationales où ils respectent aussi les règles du jeu dans ces comités, renforcent leur unité nationale au tour des intérêts bien compris de leur pays et donnent une participation plus importante à la Oumah islamique. Donc ça c'est des paris à relever et la présidence sénégalaise pourra pousser, encadrer, discuter, impulser, susciter pour qu'on arrive à ce résultat là. D'un autre côté, le Président du Sénégal jouera un rôle plus important dans les conflits majeurs du monde contemporain qui impliquent des pays musulmans. Il apportera sa contribution, fera des suggestions à la tribune des Nations Unies. Il va élever la voie sur certaines questions etc. C'est tout ce que nous pouvons en espérant qu'une plus grande solidarité dans la Oumah islamique permettra de résoudre les problèmes que vous évoquez. Vous savez que le Sénégal sur le conflit avec l'Iran est intervenu. Et pourtant, il n'était pas à la présidence de l'OCI. Donc la présidence de l'OCI nous donnera peut être plus de moyens pour appuyer la résolution des conflits en général. Nous avons contribué dans les relations avec le Soudan et l'Occident, la question de la Lybie etc. Nous avons toujours défendu les pays musulmans sans être à la présidence de l'OCI. Nous sommes à peu près certains que cette expérience accumulée, que cette volonté déjà manifestée avant même la présidence feront que nous aurons une très bonne présidence de notre organisation commune.

Des pays non musulmans comme la Russie prendront part à la rencontre de Dakar. Quel sera leur statut ?
La Russie est un pays observateur à l'OCI. Ils ont un statut et il y a des musulmans avec la Tchétchénie et d'autres zones de la Russie. Des pays à communauté musulmanes importantes qui sont membres viendront à Dakar. Maintenant des pays à tradition judéo-chrétienne viendront aussi à Dakar pour faire des lobbyings, des rencontres bilatérales. Un pays qui n'a rien à avoir l'OCI viendra ou peu venir à Dakar, envoyer des diplomatiques et faire le tour des salles de conférences, chercher des rendez-vous, à faire passer des messages parce que nous aurons une grande rencontre internationale avec des milliers de participants. Ça c'est la tradition diplomatique internationale. Il n'y a aucun pays problème.
Le poste de Secrétaire général était honorifique mais maintenant, il devient administratif. Quel changement cela peut apporter ?

Les changements que cela apporte déjà sont importants. Je crois que l'actuel secrétaire général de l'OCI le Professeur, Isan Oglou Ekmaldine est un homme d'action, quelqu'un de très engagé, très efficace et qui est venu avec un esprit de réforme, de progrès de la Oumah islamique. Il a presque passé sa vie avec l'OCI. Il a créé un centre scientifique en Turquie, lui-même étant un homme de sciences très convaincu et compte faire beaucoup de choses qu'on ne fait pas encore dans la Oumah islamique. Donc avec un secrétariat général structuré, fort et capable de prendre des initiatives et un secrétaire général dynamique, lui-même engagé dans des réformes, je crois que le secrétariat va prendre plus d'ampleur et avoir plus de moyens dans l'organisation. Maintenant le secrétariat travaille avec la présidence sénégalaise en exercice et nous avons une parfaite convergence de vue avec l'actuel secrétaire général que nous soutenons dans son action et bien entendu le pays hôte l'Arabie Saoudite qui a une grande influence dans la Oumah. Ce qui est normal parce que c'est où repose le Prophète (Psl), la Kaaba et Médine. Donc tout ce la mis ensemble, fait que le Sénégal étant très lié à l'Arabie Saoudite, au secrétaire général, étant grand ami de beaucoup de pays de la Oumah qui pèsent lourd dans la balance comme le Maroc, l'Egypte, le Pakistan, l'Iran, la Turquie, la Mauritanie, le Nigeria, la Tunisie, la Malaisie, l'Indonésie etc. Donc nous avons vraiment espoir que notre mandat, le travail que nous allons faire avec le secrétaire général va impulser, va donner une nouvelle dynamique à l'organisation.

C'est la deuxième fois que le Sénégal organise le sommet de l'OCI alors que beaucoup d'autre pays au Sud du Sahara n'ont pas encore organisé. Quelles sont les raisons ?
Disons qu'il y a deux choses. Il y a le fait que le groupe africain n'a été qu'une fois candidat en 1991. C'était le Sénégal. Et après on est resté très longtemps et n'y avait pas de candidature du groupe africain. Bien que c'était le tour de ce groupe depuis 2000. Vous savez que nous faisons un tournant, 91 Sénégal, 94 Tunisie, 97 l'Iran. Il y a le groupe arabe, asiatique et africain. Et 2000 ça devait revenir au groupe africain et n'y avait pas de candidature et le groupe décidé de se retirer pour laisser en 2000 le Qatar organisé. Après le Qatar on est revenu encore pour le groupe africain organise en 2003, mais la Oumah a demandé qu'on donne une change au groupe asiatique et la Malaisie a pris. Maintenant on est revenu vers le groupe africain. C'est ce qui a fait que le Sénégal en présentant sa candidature au nom du groupe africain a été accepté. Nous sommes très fiers d'avoir obtenu cela. Maintenant deuxième élément comme le vous le dite, l'islam en Afrique, le Sénégal objectivement a joué un rôle très important. Il a été une sorte de porte d'entrée et de catalyseur.

Propos recueillis par Talibouyé AÏDARA



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# Posted on Sunday, 09 March 2008 at 4:41 AM

GUINEE-BISSAU: Quand l'armée dicte sa loi aux politiques

GUINEE-BISSAU: Quand l’armée dicte sa loi aux politiques
Relèvement de la garde rapprochée du Premier ministre, limogeage du commandant des gardes frontières et du commissaire principal de police, limogeage du ministre de l'Intérieur et ingérence dans les affaires du ministère de l`Administration. En Guinée-Bissau, c'est l'armée qui dicte sa loi aux politiques.


Les choses se compliquent pour les politiques en Guinée-Bissau. Dans ce petit pays de l'Afrique de l'Ouest, c'est l'armée qui impose sa loi aux politiques. Les anciens combattants non instruits qui avaient fait la guerre de libération entre 1963 et 1974 refusent de céder. A chaque fois que les politiques prennent des décisions pour venir à bout de la crise qui gangrène le pays, les officiers de l'armée s'opposent. Tout politicien qui prend des initiatives pour lutter contre la drogue et l'insécurité devient l'ennemie juré de l'armée. L'ancien ministre de l'Intérieur Baciro Dabo reste une victime des officiers. Proche du Président Joao Bernado Vieira, M. Dabo est nommé à la tête de ce Ministère en avril 2007. D'après des sources, « l'homme a fait des avancées énormes dans la lutte contre le trafic de drogue, l'insécurité et le crime organisé depuis sa nomination ». Si son travail a été salué par le Président, la société civile et une grande partie de la population force est de reconnaître qu'il lui a valu beaucoup de critiques et suscité un certain mécontentement au sein de l'armée et au sein du gouvernement. Pour mettre fin à son règne, l'armée a exercé de fortes pressions sur la direction du Parti de la rénovation sociale (Prs) de l'ancien président Kumba Yala pour pousser celle-ci à réclamer le départ inconditionnelle de Baciro Dabo et la nomination d'un responsable de ce parti á la tête de ce Ministère. Faut-il préciser que dans les négociations des alliances du second tour des élections présidentielles entre Nino Vieira et Kumba Yala, ce Ministère stratégique revenait de droit au Prs.

L'armée prépare le terrain à Kumba Yala

Ainsi M. Dabo sera remplacé par le président de la Cours des comptes Sebtor Biota et proche de Kumba Yala. L'agent des services de renseignements et proche du Président en l'occurrence Baciro Dabo sera par la suite nommé Conseiller en communication sociale à la présidence de la République poste qu'il avait occupé. Mais l'armée a exigé encore son départ de ce poste. Pour certains Bissau guinéens, les officiers de l'armée qui sont dans la majorité de l'ethnie «balante » cherchent une « ethnisation » de l'Etat afin de faire revenir Kumba Yala. Aujourd'hui le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur, le Chef d'Etat Major de l'armée et Kumba Yala appartiennent à cette ethnie. Selon des membres du Paigc, c'est le leader du Prs Kumba Yala qui est en train de dicter sa loi au régime sur place par l'entremise du Chef d'Etat major de l'armée, le général Batista Tagm Na Wai. Pour le Mouvement de la Société civile « le général Batista Tagm Na Wai sera responsable de tout conflit qui pourrait advenir de ses ingérences répétées dans les affaires politiques et gouvernementales ». En octobre 2005 l'armée avait envahi pendant plusieurs jours avec des armes automatiques des institutions publiques et ministères lors du limogeage du Premier ministre Carlos Gomes Junior. La pression exercée par Batista Tagm Na Wai sur le chef de l`Etat Nino Vieira l`obligeant à limoger le ministre de l`Intérieur Baciro Dabo et à abroger le décret ayant nommé le même jour Baciro Dabo comme conseiller à la Présidence de la République n'est pas magnifiée par la société civile.

Ne touchez pas à Tagm Na Wai
Le général Batista Tagm Na Wai faisait partie de la junte militaire qui avait débarqué Nino du pouvoir en 1999. C'est après la mort de ses supérieurs Ansoumana Mané et Vérissimo Correia Seabra qu'il a pris les commandes de l'armée Bissau guinéenne. Ces derniers sont les victimes des règlements de compte après la guerre civile de 1998-1999. En novembre 2000, le Général Ansoumane Mané, accusé de tentative de coup d'Etat, est tué. Elu Président en 2000, Koumba Yalla suspend la constitution, dissout l'Assemblée Nationale et fixe la date des élections en octobre 2003. Il sera, à son tour destitué, le 14 septembre 2003 par le Général Vérissimo Correia Seabra, un compagnon du défunt Général Ansouma Mané. Il rendra le pouvoir au civile avant d'être assassiné. Par qui ? Le doute plane toujours sur sa mort. A en croire notre interlocuteur qui parle sous le sceau de l'anonymat, « ce sont les officiers « balantes » qui l'ont assassiné parce qu'il a commis l'erreur de renverser le régime de Kumba Yala ». Et aujourd'hui ce sont ces mêmes officiers qui tiennent le pays en otage car leur ethnie constitue les 70% de l'armée.
Conscient de la gravité de la situation, le Président de la République et les autres responsables du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert travaillent en synergie pour une unification des différents démembrements de leur parti.

Le Paigc en route vers l'union
Exclu du Paigc en 1999 parce qu'accusé de trahison envers la patrie, de collusion avec l'envahisseur et de trafic d'armes au profit des rebelles du Mfdc, sud du Sénégal, ses frères de parti cherchent à le faire revenir. Et la couleur est déjà annoncée avec le retour de son homme de confiance, Baciro Dabo au Paigc. Ce retour a été précédé par une visite du candidat du Paigc à la dernière présidentielle, Malam Bacai Sanha chez son compagnon de lutte Joao Bernardo Vieira. M. Sanha est arrivé en tête du premier tour des élections présidentielles de 2005 avant de perdre le pouvoir contre l'alliance entre Nino Vieira et Kumba Yala. A en croire notre source l'objectif recherché est de tenir tête à Kumba Yala qui au-delà de son ethnie est en train de revenir avec force. Il soutient que les militants de son parti ont presque tous du « boulot ». Peu importe le niveau d'études, si vous êtes militants du Prs, à défaut de voyager, ou d'une bourse d'étude, vous aurez du travail. Avec ses 35 députés, le Prs vient derrière le Paigc qui a 45 députés pour un parlement qui compte 106 sièges. Dans l'hémicycle les choses se compliquent de plus en plus pour le Paigc qui a eu des frondeurs. En attendant les élections législatives qui auront lieu dans le dernier trimestre de 2008, le Paigc est en train de faire le rappel de ses troupes. Avec la tenue de son septième congrès qui aura lieu en 2008 les héritiers d'Amilcar Cabral veulent dépasser leurs différences et se retrouver à travers un consensus pour le bien de la Guinée-Bissau et de leur parti. Le retour de M. Dabo et sa déclaration renseigne beaucoup sur le reste du feuilleton Paigc. Face à la presse, il déclare : « Le Paigc reste à mes yeux l'unique parti à avoir un engagement moral envers le peuple de Guinée-Bissau, et à même de restaurer la paix et la stabilité dans ce pays. Une fois admis au sein de ce parti, je ferai en sorte qu'il soit un facteur de changement et de tranquillité dans ce pays. Nous n'allons pas lésiner sur les moyens en vue de mettre fin aux événements fâcheux qui sont en train, ces derniers temps, d'assombrir l'histoire de la Guinée-Bissau aux yeux du monde ».

Talibouya Aïdara






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# Posted on Wednesday, 13 February 2008 at 4:14 PM

Les femmes du Michigan au chevet de leurs s½urs de Daroul-Khaïry

Les femmes du Michigan au chevet de leurs s½urs de Daroul-Khaïry
Désormais, les femmes de Daroul-Khaïry ne se lèveront plus à l'aube pour piler le riz. Situé dans l'arrondissement de Diouloulou, département de Bignona, ce village de producteurs de riz vient de recevoir un moulin à riz. Une aubaine pour les femmes dudit village en particulier et celles de l'arrondissement de Diouloulou en général car elles pourront se séparer des pilons. Il est financé par le Cercle Dorcas des Femmes de Lansing (Michigan) par l'intermédiaire de l'ONG « Ways out Misery-Africa Corporation (WOOM-AFRICA) ». D'après la Présidente de l'Association des Femmes de Daroul-Khaïry, Assiatou Aïdara, « avec l'arrivée de cette machine c'est la réalisation de notre rêve car nous l'avons longtemps cherché. C'est une occasion pour nous de féliciter ces femmes qui ont pensé à nous malgré la distance qui sépare les deux continents. Avec ce moulin, plus de 10.000 femmes pourront se séparer du fardeau que consiste le pilon.»
Ce don constitue également une retombée du « Humphrey Fellowship Programm », financé par le Département d'Etat Américain et piloté par l'Institut International d'Education. En effet, suite au contact établi entre les femmes du Cercle Dorcas des Femmes de Lansing et les responsables en charge du pilotage du Programme à « Michigan State University », plusieurs rencontres et échanges ont été menés entre l'actuelle présidente de WOOM-AFRICA, Mme Maïmouna Kébé, Inspectrice de la Jeunesse et Sports, ex « Humphrey fellow » et les femmes de Dorcas en vue de définir ensemble comment jeter leur pied dans l'édifice du développement communauté en Afrique.
Ce cercle, dénommé Dorcas depuis 1982, constituant une composante du groupe des femmes de l'Eglise du peuple « Women of Peoples Church », créé avant 1910, semble disposé d'une longue tradition de recherche de fonds destinés à appuyer leur église et la communauté.
C'est donc dans ce cadre qu'elles ont recherché des fonds pour financer le moulin à riz des femmes de Daroul-Khaïry.
Ce moulin, une fois installé, constituera une unité génératrice de revenues et permettra d'alléger les taches des femmes Daroul-Khaïry et environnant.
Cette action confirme également l'ambition de WOOM-AFRICA, présentement basé en Floride, d'assister les populations défavorisées dans leur combat contre la pauvreté et l'ignorance, tout en ½uvrant pour la paix, l'amitié et le respect mutuel entre les peuples.


Talibouya Aïdara

# Posted on Tuesday, 12 February 2008 at 2:57 PM

VOYAGE A BISSAU

VOYAGE A BISSAU
Membre de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), la Guinée-Bissau reste le pays le plus pauvre membre de ladite structure régionale. Sa principale source de devises est tirée de l'exportation de noix de cajou. Elle fait un chiffre d'affaires annuel de 150 millions de dollars et possède avec les archipels Bijagos un site unique d'écotourisme dans le monde. Ce pays est riche en bauxite, en bois, en pétrole, en phosphate et en produits de mer etc. Après la guerre civile de 1998, Bissau a perdu ses repères et a besoin d'être aidé.

Aidez la Guinée-Bissau. Elle se porte mal et a besoin de votre aide. Pays de l'Afrique de l'Ouest, il a des frontières avec la République de Guinée, le Sénégal et l'Océan Atlantique. Ancienne colonie portugaise, la Guinée-Bissau a accueilli le premier explorateur en 1446. Après une lutte politique puis militaire de 12 ans dirigée par Amilcar Cabral au sein du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert l'Onu proclama l'Etat de la Guinée-Bissau en 1973. Avec 1,5 millions d'habitants, le pays traverse depuis 1998 une crise aiguë qui inquiète tout le monde. Pour s'y rendre, on peut passer par voie aérienne, maritime et terrestre. Votre reporter a emprunté le corridor qui relie Ziguinchor (sud du Sénégal) à Bissau. Sur les 150 km qui séparent les deux villes, il y a au minimum 15 check point et les 90% sont en zone guinéenne. Avant de franchir la frontière, les Sénégalais doivent se munir d'un laissé passer. Les hommes en tenues tendent la main à tous les véhicules qui passent devant eux, même si on est en règle. « Je sais que vous êtes en règle, mais donnez moi de quoi acheter du thé ou de la cola », cette phrase d'un policier renseigne sur la crise qui prévaut dans ce petit pays. Après 80km de route, il faut s'arrêter à Sant Vicente pour prendre le ferry. Sur ce fleuve, un pont est en construction et est financé par les bailleurs de fonds. Cap sur Bissau. Quelques maisons en banco accueillent le voyageur à l'entrée de la capitale avant l'aéroport international Osvaldo Vieira. Juste après l'aéroport, notre compagnon déclare : « voila le camp de Bra. C'est ici que les hommes de Ansouma Mané ont massacré l'armée sénégalaise en 1998 lors de la guerre qui a opposé la junte militaire au Président de la République Nino Vieira ». La proximité de la Casamance n'a fait qu'envenimer la situation. Les rebelles du Mouvement des forces démocratique de la Casamance prêtèrent main forte à la junte militaire. Le Sénégal quand à lui assista Nino Vieira. Ce pays qui avait fait dix ans de guerre de libération disposait d'importants stocks d'armes. Des mortiers; des Kalachnikov, des lance-roquettes et des mines anti-personnel et anti-char ont détruit la capitale.
Bissau cherche ses repères
En dépit du soutien apporté par un corps expéditionnaire des armées sénégalaises et de la République de Guinée, qui sera remplacé par une force d'interposition de la CEDEAO, le Président Nino Vieira sera renversé. La junte, qui prend le pouvoir avec le soutien de combattants du MFDC, est dirigée par le Général Ansoumane Mané accusé de trafic d'armes par le Chef d'Etat déchu. L'élection présidentielle de janvier 2000 va rétablir l'ordre constitutionnel avec un régime civil dirigé par le Président Coumba Yalla. En novembre 2000, le Général Ansoumane Mané, accusé de tentative de coup d'Etat, est tué. Mais le régime civil reste fragile; l'économie est en ruine, les arriérés de salaire s'accumulent et le mécontentement s'étend. Les marques de la guerre sont toujours visibles. On voit des traces de bales dans quelques bâtiments de la capitale. C'est le cas sur les murs Sheraton Hôtel qui est devenu aujourd'hui Libya Hôtel et ceux de l'ancien palais abandonné depuis le départ de Nino en 1999. Après cette guerre civile qui avait secoué le pays entre juin 1998 et mai 1999, la Guinée-Bissau cherche toujours ses repères. Dans ce pays, la pauvreté est visible et palpable. La corruption et la prostitution restent les mieux partagée. Cependant, la première chose qui saute à l'½il à Bissau reste les taxis bleu-blanc. Ils sont tous des Mercedes Benz 190. La majeure partie en bon état. Le cou de la vie est très élevé à l'heure où le salaire des enseignants ne dépasse pas 20.000Fcfa soit environ 30 euros. Le sac de riz coûte 16.000Fcfa. Plus grave, les enseignants sont grèves depuis trois semaines parce qu'il y a des arriérés de trois mois de salaires. « Ici les enseignants gagnent des rentrées d'argent avec la cotisation des élèves » informe ce père de famille. Il poursuit, « il faut payer les enseignants pour qu'ils donnent les notes aux enfants ». Peu importe le travail de l'élèves, il n'aura pas de moyenne si ses parents n'ont pas cotisé. En d'autre terme, le mérite est relégué au second plan. L'eau est l'électricité restent des denrées rares à Bissau. Peu importe le rang social, l'électricité n'existe presque pas. Il y a des délestages et des coupures d'eau même à la présidence de la République. Les groupes électrogènes et les réservoirs d'eau montrent le rang que la personne occupe dans la société.
Décembre, le mois du vol
Dans les quartiers populeux tels que Bairu Missira, Bande Ferra, Bairo Kuntum, Bairo Militari et Bairu Pilloun, c'est la pauvreté totale. Le dernier quartier cité, fait face au nouveau Palais du Président. Il accueille tout ce qu'il y a comme misère en Guinée-Bissau. Dans les familles, il n'y a qu'un seul repas dans la journée. Chaque matin, c'est la ruée vers les vendeuses de « fouti » (du riz blanc avec la poudre de crevettes séchées). Avec 100Fcfa, vous aurez une assiette. Mais, il n'est pas à la portée de tous. Malgré la proximité des bas fonds, les puits y tarissent vite car la demande est très forte. Le quartier est pauvre, bondé de monde, on y étouffe. Il faut aller chercher l'eau dans les maisons ou dans les coins de la rue qui ont des puits ou des bornes fontaines. Ce travail revient aux femmes et aux enfants. Armés de seaux et de bassines, ils se lèvent tôt pour chercher cette denrée rare. A Pilloun, tout le monde vit en famille, c'est-à-dire en groupe. Les vieillards, les adultes, les femmes, les jeunes se connaissent tous. Les jeunes n'ayant pas d'emplois passent le reste de leur temps au jeu de damier. Dans cette partie de Bissau, le vol est fréquent. Le mois de décembre est appelé celui du vol. « Les jeunes refusent de travailler et veulent faire la fête du nouvel an, ils seront obligés de voler » lance une dame. Elle poursuit, « ils doivent s'acheter des habits neufs et l'acheter pour leurs copines. Si tu n'a pas du travail, l'unique solution reste le vol. Si quelqu'un tape à votre porte la nuit, il ne faut surtout pas ouvrir. Ils sont tous des bandits».


Talibouya AIDARA
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# Posted on Tuesday, 29 January 2008 at 4:26 PM

ASSASSINAT DE SAMSIDINE NEMA AIDARA: VERS UNE ENQUETE ORIENTEE

ASSASSINAT DE SAMSIDINE NEMA AIDARA: VERS UNE ENQUETE ORIENTEE
Deux semaines après l’assassinat de Chérif Samsidine Néma Aïdara, la famille chérifienne commence à s’inquiéter sur la tournure donnée à l’enquête. En effet, elle a été surprise de voir que c’est l’entourage immédiat du défunt qui a été visé à savoir son cousin et ami de longue date, Samsidine Kébading Aïdara avec qui il a toujours travaillé dans ce dossier qui a été interpellé et placé sous mandat de dépôt. La famille s’inquiète de la tournure et des proportions que prend finalement cette affaire.
Elle tient à informer les Sénégalais qu’elle soutient à l’unanimité Samsidine Kébading Aïdara et attend de l’Etat un travail impartial et transparent et non une enquête orientée visant à salir des innocents. Au-delà d’un travail juste, la famille met en garde contre toute tentative d’atteinte à la vie de Samsidine Kébading comme ça été le cas dans le dossier d’Omar Lamine Badji. Elle fustige avec la dernière énergie la procédure d’enquête de la Gendarmerie. Parcourant les médias de la place, la famille s’inquiète de voir que c’est le nom d’un haut gradé de la gendarmerie qui a été cité en l’occurrence le général Fall. D’après des informations publiées, « le général Fall et son groupe sont en train de tout faire dans cette enquête pour tenter de reprendre le dossier du processus de paix des mains du Collectif des Sages du Fogny en entachant leur crédibilité aux yeux de l’opinion et du Chef de l’Etat qui les dessaisirait ainsi du dossier ».

La famille est d’autant plus inquiète que jusqu’ici toutes les autres pistes qui recèlent des possibilités évidentes d’indices n’ont pas été explorées par les enquêteurs.

La famille pense que l’enquête est orientée et vise de façon générale l’Association des Sages mais particulièrement la personne de Samsidine Kébanding Aidara qui est l’un des principaux artisans de ce processus de retour de la paix en Casamance. Est-il devenu un élément gênant ? Y-a-t-il d’autres qui cherchent à reprendre le dossier ? Ou veut-on tout simplement renouveler la commission des Sages ? Dans tous les cas, rien ne justifie qu’on puisse accuser Samsidine Kébading d’un meurtre dont il n’est pas l’auteur. Le simple fait qu’il soit le porte parole du comité des Sages, ne justifie pas une telle accusation. Quand on sait que le meurtre est formellement interdit par l’islam, Samsidine Kébading qui est un musulman pratiquant et de surcroît un petit du prophète a autre chose à faire que de tuer un frère de sang et ami. Se focaliser sur Samsidine Kébading aïdara c’est encore laisser un crime impuni.

Pour rappel ; c’est bien lui qui a rassemblé les parents des rebelles, les rebelles dissidents, quelques dignitaires de la Casamance au sein d’une association dénommée l’Association des Sages de la Casamance. Par le biais de son cousin et frère, Samsidine Néma, ils ont été reçus en audience par le Chef de l’Etat, le Président Abdoulaye Wade. On se rappelle encore de cette audience au cours de laquelle Samsidine Néma n’était pas présent, durant laquelle, le président de la République a demandé aux Sages de lui désigner un des leurs qui sera nommé par la suite chargé de mission à la présidence pour le suivi de la mission de recherche de la paix qu’il a confié aux Sages. De retour en Casamance, c’est encore Samsidine Kébanding qui a demandé aux Sages de désigner Samsidine Néma comme chargé de mission du fait de ses relations et des facilités d’accès qu’il a eu au sein de l’appareil d’Etat. Quant à lui, il s’est chargé du poste de Coordonnateur et la présidence a été confiée à Lamine Cissé. Depuis cette période, nous avons tous observé une accalmie générale appréciée de tout le monde particulièrement des populations du Sud.

Les inquiétudes de la famille se fondent sur les informations qui lui sont parvenues relatives aux questions posées au cours de l’interrogatoire de la gendarmerie et qui sont de nature à apeurer les personnes interrogées. A savoir :
est-ce que vous allez continuer vos activités ?;
avez vous peur pour votre sécurité ?
croyez-vous que le Ministre Farba Senghor est capable d’assurer votre sécurité depuis Dakar ?;
les rebelles reçoivent-ils de l’argent mensuellement du Gouvernement et combien ?;

Les craintes de la famille sont d’autant plus fondées que selon des informations, un haut gradé de la gendarmerie précédemment chargé du dossier serait soupçonné de manipuler l’enquête aux fins de faire porter le chapeau de ce crime aux membres de l’Association des Sages en vue de leur dessaisir du dossier. A noter que depuis son interpellation, le mercredi 26 décembre 2007, par la Gendarmerie de Diouloulou aux environs de midi, il a été conduit à Ziguinchor, dans un camp de la gendarmerie tenu secret jusqu’au lundi 31 décembre 2007, date à laquelle il a été présenté au juge d’instruction. Pendant toute cette période, personne ne peut l’entendre ni le voir de sorte pendant toute cette période y compris lors de son entrevue avec le juge d’instruction, il n’a pas été assisté d’un avocat. La famille tient aussi à préciser qu’au moment de son interpellation, il était saint et sauf et que c’est bien lui qui conduisait son véhicule en provenant d’ailleurs de Mahmouda Chérif , chez la famille du défunt dont il s’occupé de ses affaires courantes.

Pour qui connaît les rapports qui lient les deux Samsidine Néma (le défunt) et Kébanding (l’accusé de complicité d’assassinat), la participation à l’assassinat de l’un par l’autre est invraisemblable. En effet, les deux Samsidine étaient des frères et cousins qui entretenaient des relations d’amitié bien avant cette affaire du dossier casamançais.

Quel intérêt l’un a à comploter contre l’autre ? dans la mesure où la mission qui leur est assignée, ils sont en train de le réussir ensemble et qu’il n’a jamais eu de bruit au sein de ce groupe. Chacun a une fonction spécifique qu’il mène avec succès et dans la plus grande discrétion. Ils n’ont jamais accepté les conférences de presse, les séminaires, les séjours dans les hôtels qui sont sources de dépenses exorbitantes aiguisant des appétits et des jalousies. Ils ont été des hommes de terrain qui se rendaient dans le maquis pour dénicher les rebelles afin de les amener à la table de négociation. Sachant que l’assassinat de l’un compromettra cette mission, la famille ne voit pas l’intérêt de ce complot. Quant à Malanding Sonko, qui est soi disant membre influent du Comité des Sages, il serait important que les Sénégalais sachent que ce dernier n’est même pas membre de l’Association des Sages. Malanding Sonko est un simple Talibés et sympathisant de la famille depuis le temps de Chérif Samsidine le grand père qui avaient de bons rapports avec toute la famille chérifienne de l’arrondissement de Diouloulou. Il est aussi un démuni dont la fille travaillait chez le défunt.

# Posted on Friday, 11 January 2008 at 8:29 AM