« Nous ne devons pas attendre que les autres viennent nous donner »

« Nous ne devons pas attendre que les autres viennent nous donner »
MO IBRAHIM A DAKAR


Né un 3 mai 1946 à Halfa au Soudan, Mohamed Ibrahim pour la bonne gouvernance en Afrique, a créé le prix de la Fondation Mo Ibrahim. A travers ce prix, il a mis la plus grosse récompense individuelle au monde.

« Je suis Mo Ibrahim, je suis un Nubien du Soudan, je suis Africain. » Certes cette phrase est brève, mais renseigne beaucoup sur l'homme. Mohamed Ibrahim, puisque c'est de lui qu'il s'agit, est un expert international dans le secteur des télécommunications. Natif de Halfa au Soudan, Mo Ibrahim reste le fondateur de la société africaine de télécommunications Celtel International. Après une brillante carrière universitaire et entrepreneuriale, le père fondateur de la Fondation Mo Ibrahim créa en 1998 Msi Cellular Investments, qui prendra plus tard le nom de Celtel. Pour lutter contre les inégalités, ladite société va s'installer dans 15 pays africains avec un investissement de plus de 750 millions de dollars. Les résultats ? Création d'emplois et la communication mobile à la portée des millions d'Africains. Certes le travail est noble, mais sa réalisation n'est pas facile car en Afrique la male gouvernance gangrène le fonctionnement de nos Etats. Nos décideurs sont tellement obnubilés par le pouvoir et l'argent qu'ils confondent les priorités. Les quelques rares qui font des efforts sont devenus des marginaux. La bonne gouvernance qui reste le pilier central du développement est reléguée en seconde position. Face à une telle situation, les investisseurs et les cadres africains ont trouvé meilleurs d'aller vers des horizons plus prometteurs. Pour parer à cette situation, Mo Ibrahim n'a trouvé meilleur que de brader à 3,4 milliards de dollars sa société qui a déjà de la visibilité à Mtc Kuwait. Et pourtant, Celtel est devenue l'une des plus importantes entreprises commerciales africaines. L'objectif était de créer une fondation afin de venir à bout des problèmes en Afrique avec comme devise « la clef du développement de l'Afrique passe par la bonne gouvernance ». Fidèle à ses engagements, il lança la Fondation Mo Ibrahim un 26 octobre 2006. D'après Mohamed Ibrahim, « rien, absolument rien n'est plus important pour l'Afrique qu'une bonne gouvernance ». Pour atteindre sa mission, il s'est entouré d'imminentes personnalités. Entre autres, le Dr Mamphela Ramphele, Ancien Directeur général de la Banque mondiale, Mme Mary Robinson, Ancien Présidente de la République de l'Irlande, de Mme Aïcha Bah Diallo, ancien ministre de l'Education Nationale de la République de Guinée. Pour joindre l'acte à la parole, il mettra la plus grosse récompense individuelle au monde avec le prix de la Fondation Mo Ibrahim. Le prix comprend 5 millions de dollars US sur 10 ans et puis 200 000 dollars US par an pour le restant de sa vie. Et enfin 200 000 dollars supplémentaires pourraient être débloqués chaque année pour le financement d'une bonne cause soutenue par le vainqueur dans le cadre des activités d'intérêt public. Le premier gagnant n'est autre que Joaquim Chissano, ancien Président du Mozambique. L'objectif n'est autre que de récompenser les accomplissements d'un leader africain. Dans le cadre de sa mission, Mo Ibrahim et les membres de sa fondation étaient à Dakar, au Sénégal le 17 avril 2008 où ils ont tenu une journée d'échanges avec la presse. Interpellé sur les raisons de la création de ladite structure, le natif de Halfa déclare : « J'ai été interpellé par la situation en Afrique. Ce n'est pas l'argent qui manque en Afrique. Nous ne devons pas attendre que les autres viennent nous donner des ressources comme si nous étions des mendiants alors que nous avons nos moyens de faire quelque chose. C'est pourquoi je me suis senti interpellé pour faire cet acte afin de motiver les africain à résoudre eux même leur problème. » Avec l'index pour la bonne gouvernance, Mo Ibrahim soutient avoir allumé « un phare sur la bonne gouvernance en Afrique en apportant une contribution originale pour améliorer la qualité de la gouvernance ». A l'en croire, « c'est un outil permettant de responsabiliser les gouvernements et d'encadrer le débat concernant le mode de gouvernance. Les Africains fixent des références de comparaison non seulement pour leur propre continent, mais pour le monde entier. »

Index Ibrahim pour la bonne gouvernance

L'index classe 48 pays africains selon des critères permettant d'évaluer la bonne gouvernance. En tête de ce classement, les insulaires ravissent la vedette. L'île Maurice, les Seychelles, le Botswana, le Cap Vert, l'Afrique du Sud, le Gabon, la Namibie, le Ghana, le Sénégal, et Sao Tomé sont les pays qui ont les meilleurs indices de bonne gouvernance en Afrique de la première publication du premier Index de la fondation Mo Ibrahim. Ainsi, l'île Maurice, et les Seychelles occupent respectivement la première et la deuxième place. Le Botswana qui est une démocratie stable dont la richesse provient des diamants et de l'agriculture arrive en troisième position. Le Cap-Vert, une autre île s'accapare de la 4ème position. Ce pays est aidé par une diaspora très importante que dans les îles mêmes. Sa population expatriée est plus nombreuse que celle qui est basée au pays. Dans cette sélection, cinq catégories sont appliquées à chaque pays. Ceci pour permettre de déterminer le classement final. Entre autres, il s'agit de la sécurité, des règles de droit, des droits humains, du développement économique, et du développement humain. Développé par la Kennedy School de l'université de Harvard, avec l'aide d'une commission composé d'universitaires africains, l'index a compilé des données provenant de diverses sources incluant les Nations-unies, des organisations comme Transparency International, ou des think thank comme "Freedom house". Le pays qui a l'indice de gouvernance le plus bas reste la Somalie. Faut-il précisé que ce pays n'a pas de gouvernement depuis la chute de Siad Barré en 1991. Au bas du classement, la RDC, le Tchad et le Soudan. Interpellé sur les critères de sélection, Mo Ibrahim dira : « En ce qui me concerne, je n'ai aucune préférence quelconque pour tel ou tel pays. Je ne suis pas la personne qui élise ses pays. »

Talibouyé AÏDARA

# Posté le vendredi 11 juillet 2008 09:46

L'oeuvre de Chérif Cheikh Chamsidine

L'oeuvre de Chérif Cheikh Chamsidine
CHERIF CHEIKH CHAMSIDINE AÏDARA

Chérif Cheikh Chamsidine Aïdara est le fils de Cheikhna Cheikh Mahfouze Aïdara, fils de Cheikh Abba et de Cheikh Mohamed Fadel bun Mamine de la lignée du prophète Mohamed (Psl). Né en 1902 à Darsalam, il fut le quatrième Khalif de son père de 1977 à 1990. En 1937, il fonda son propre village Daroul-Khaïry dans un site réputé être la capitale des « djins » du Golf de Guinée. Il se situe à 3 kilomètres du village de son père Darsalam et à 4 kilomètres de son chef lieux d'arrondissement Diouloulou.
Durant sa vie, le Chérif a œuvré pour l'expansion de la dernière des religions révélées, l'islam. En outre, il a pris la voie de son père Cheikh Cheikh Mahfouze. Car il ne faut pas ignorer que ce dernier a quitté la Mauritanie en 1885 pour venir répandre l'islam au pays chez les peuples Diola, Balante, Mandiaque, Pépel de la Guinée-Bissau et de la Casamance. Ne se limitant pas à cette zone seulement, Cheikh Mahfouze a contribué à l'islamisation des Sérères Niominka dans la région de Fatick. Ces œuvres ont été suivies et couronnées de succès par les différents Khalifes qui ont précédé Chérif Chamsidine à savoir Cheikh Mohamed Fadel, Cheikh Abba et Cheikh Hatab.

Le plus grand planteur de la Casamance

Chérif Chamsidine fut le défenseur et protecteur des intérêts des peuples de la Gambie, de la Guinée-Bissau et de la Casamance face à l'oppression du colonisateur. Il s'est battu nuit et jour pour donner à ces populations ce qu'on leur avait volé à savoir leur dignité. Durant toute sa vie l'homme à œuvrer pour le bien être de l'autre. Il venait toujours en aide aux nécessiteux et était l'avocat des sans-voix. Le saint homme fut un humanitaire dans toutes ses dimensions. Il a toujours répondu favorable aux demandes des populations de sa région sud lors des différentes périodes de crises. Cette assistance aux nécessiteux lui a valu la médaille Philanthropique de la République Française en 1937.

Chérif Chamsidine Aïdara a toujours prêché l'amour du travail bien fait et a donné un exemple patent à la Casamance en encourageant le reboisement. Différents des autres pratiques, le reboisement du Chérif est fait d'arbres fruitiers. Comme résultat, il a planté entre ces deux villages sur plus de 10km des goyaviers, manguiers, citronniers, orangers, cocotiers, rôniers, palmiers et anacardiers. Pour ce dernier, Chérif Chamsidine reste son précurseur en Casamance. De nos jours, c'est des milliers de personnes qui vivent de ce travail. Ces arbres fruitiers occupent une place primordiale dans l'économie de la région naturelle de la Casamance. Ainsi, il a obtenu la médaille du Mérite Agricole en 1956. Il faisait partie des membres fondateurs de l'Association des Planteurs de l'Arrondissement de Diouloulou (Apad).
Pendant l'époque coloniale, le Chérif a réussi à éliminer l'acte ignoble qui consistait à fermer nos parents paysans qui n'ont pas eu les moyens de payer les semences prêtées par l'Etat dans les hangars remplis de pesticides toute la journée.

Promotion de la médecine traditionnelle

Dans sa vie, il a œuvré pour la reconnaissance de la médecine traditionnelle et prôné son efficacité. Il a posé les jalons de la pharmacopée. Au-delà de la médecine, de l'agriculture et de l'humanitaire, le quatrième Khalife de Cheikh Mahfouz a écrit 14 œuvres. Entre autres, il a parlé de la pénétration de l'islam en Afrique Noire, de la théologie, de la médecine, de la géographie pour ne citer que ces quelques sujets. La réputation de son école coranique est marquée par la formation de milliers de disciples dans la théologie, la pharmacopée, l'agriculture, le reboisement et autres. Ce travail lui a valu une reconnaissance au niveau de l'Institut Fondamental d'Afrique Noire (Ifan). Il a servi comme source d'enquête à des centaines d'étudiants de nationalités différentes.
Il fait partie de ceux qui ont donné la carte de la région naturelle de la Casamance aux autorités nouvelles du Sénégal indépendant. Il obtient en 1968 la médaille du Chevalier de l'Ordre National du Mérite pour sa défense des droits de l'homme en Casamance.
Ses œuvres ont été couronnées par l'invasion des criquets pèlerins en 1989 en Casamance. Le Saint homme, averti de la présence de ces insectes qui instaurent la désolation et la famine où ils passent, a recommandé qu'on lui fasse parvenir un criquet. Après avoir formulé des prières sur ce pèlerin sans lieux de pèlerinage, il le laissa s'envoler. À la stupéfaction de tous, le nuage de criquets qui cachait le soleil prend la direction de leur semblable libérer par le Chérif. Sans, pesticides de la Direction de Protection des Végétaux (DPV), ni tambours, les criquets ont pris la direction de l'océan Atlantique et ne sont plus revenus dans cette partie sud du Sénégal. Voir Sopi octobre 1989.
Jusqu'à sa mort, survenue un lundi matin du 22 janvier 1990 à Daroul-Khaïry, Chérif Chamsidine s'opposa à la violence armée des séparatistes et combattit toute forme de frustration dont la Casamance a connu.
Lors de la guerre de libération de la Guinée-Bissau, il a accueilli les réfugiés de l'ethnie "Manoj". Pourtant, ces derniers sont des animistes. En outre, il a donné le courage aux populations de la Casamance afin qu'elles acceptent d'héberger ces réfugiés de guerre. Il fut l'un des pionniers de l'indépendance de la Guinée-Bissau car il a donné l'ordre aux disciples de son père dans ce pays frères d'être solidaires à l'égard d'Amical Cabral et de sa bande. Lors des événements de 1988 entre le Sénégal et la Mauritanie, il fut de Daroul-Khaïry un centre d'accueil des réfugiés de toute la Casamance et écrivit une lettre à l'autorité mauritanienne pour que les biens des Sénégalais soient préservés comme il avait fait lors du cou d'Etat de 1981 en Gambie.
Pour la pérennisation de l'œuvre du travail de son illustre père et guide spirituel Cheikh Mahfouze Aïdara, chaque année, il réunissait à Darsalam tous les disciples. Ce qui a fait de cette cité sainte un pôle d'attraction spirituel de toute la sous-région.
Il fut le protecteur des agents de l'Etat en service dans cette partie enclavée du Sénégal. Par son patriotisme, beaucoup ont aimé la Casamance et y sont installés pour le reste de leur vie. Il entretenait de bonnes relations avec les représentants politiques de la Casamance à savoir Emile Badiane, Ibou Diallo, Ibou Sarr, Assane Seck, Dembo Coly, Angrand Badiane, Bachirou Cissé, Landing Sané, Robert Sagna pour ne citer ceux-ci. Il y avait non seulement une bonne communication entre le Chérif et le Gouvernement, mais aussi avec l'opposition. Il a reçu le Secrétaire Général du Pds aujourd'hui Président de la République à Daroul-Khaïry en 1988 à qui il fait des prières.
Ce riche patrimoine fut légué dès son appel à Dieu le 22 janvier 1990 à son fils aîné Cherif Mahfou kéba Aïdara. Ce dernier instaura des journées de prières pour son illustre père. Depuis cette date, les fidèles convergent à Daroul-Khaïry à cette date. Chérif Mahfouze n'a ménagé aucun effort pour la pérennisation des œuvres de son père. Ce dernier a cherché les voies et moyens pour le retour définitif de la paix dans cette partie sud du pays qui est otage d'un conflit entre le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance et l'Etat du Sénégal. Rappelé à dieu en novembre 1999, il sera succédé par Chérif Hatab Aïdara.

# Posté le mardi 17 juin 2008 17:56

Modifié le mardi 01 juillet 2008 15:20

Le NEPAD fondu dans l'UA

Le NEPAD fondu dans l’UA
Le comité ad hoc de l'Union africaine (UA) chargé du suivi du processus d'intégration du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad) s'est réuni à Dakar le 15 avril 2008 et a décidé d'intégrer le Nepad dans la commission de l'Ua.

En Afrique on assiste à la présence de multiples organisations régionales chargées de mener à terme les politiques des décideurs. La Cedeao, la Censad, l'Uemoa et enfin le Nepad s'inscrivent sur cette liste. Si, l'idée de leur création est saluée par tous, force est de reconnaître que leur mise en oeuvre tarde à démarrer. Le Nepad a vu le jour en 2001 et se présente comme un programme d'intégration qui, suivant une approche holistique, vise à éliminer la pauvreté en Afrique et à mettre les pays africains, individuellement et collectivement, sur la voie d'une croissance et d'un développement durables. Noble comme mission. Il cherche à faire bénéficier aux pays africains, des conditions de développement similaires à celles en vigueur dans les pays développés. Autrement dit de résorber les gaps fondamentaux dans les secteurs prioritaires à savoir les infrastructures, l'éducation, la santé, l'agriculture, les Ntic, l'énergie, l'environnement, l'accès de la production africaine aux marchés des pays développés. Sept ans après sa naissance, force est de reconnaître que le Nepad tarde à prendre corps et à traduire au concret les objectifs qui lui ont été assignés. Dans cette impasse, le comité ad hoc de l'Union africaine (UA) chargé du suivi du processus d'intégration du Nepad a décidé de le fondre dans l'Union Africaine. La rencontre de Dakar qui a regroupé Thabo Mbéki de l'Afrique, Abdelaziz Bouteflika de l'Algérie, Me Abdoulaye Wade du Sénégal et Mélès Zénawi, Premier de l'Ethiopie n'a fait que réitérer les décisions du sommet d'Addis-Abeba qui reprend les recommandations du sommet de réflexion du comité de mise en œuvre tenu à Alger en mars 2007. Selon le Président de la République du Sénégal, l'objectif n'est autre que « de ressusciter l'espoir et la confiance, susciter un nouvel optimisme chez les Africains et tourner avec eux dans le sens de l'histoire ». Un délai de 12 mois est donné pour approfondir la réflexion autour de l'intégration du secrétariat du NEPAD à la commission de l'UA. D'après le ministre d'Etat, ministre des Affaires Etrangères du Sénégal, Cheikh Tidiane Gadio, « l'ambition affichée par le Comité de mise en œuvre qui s'est réuni à Dakar est de conférer au Nepad un caractère inclusif général comme programme économique intégré de l'Union africaine, dans le cadre d'un processus de restructuration harmonisé ».
Eviter le scenario du Plan d'action de Lagos
Le sommet de réflexion du comité de mise en œuvre tenu à Alger en mars 2007 avait enclenché le processus de réorientation et de revitalisation du Nepad, au vu des retards accusés quant aux réponses que le programme continental devait apporter aux préoccupations des populations africaines et de la dichotomie ayant prévalu avec l'Ua. Il s'agit pour l'Afrique de ne pas tomber dans les mêmes travers qui ont fait sombrer des programmes aussi bien conçus que le Plan d'action de Lagos (PAL). C'est en tout cas le souhait du Comité des Chefs d'Etat chargés de la mise en œuvre du Nepad. En prenant la parole, le Chef de l'Etat du Sénégal est revenu sur ses préoccupations antérieures à savoir « les incohérences, les improvisations et à la dispersion » avant de faire des propositions pour la restructuration et l'intégration du Nepad dans la Commission de l'Union africaine. S'adressant à la presse, Cheikh Tidiane Gadio est revenu sur les origines de la naissance du Nepad en 2001. A l'en croire, « même si le Plan d'action de Lagos et autres programmes très bien préparés ont échoué dans la mise en œuvre, aucun africain ne doute de leur pertinence ». Dakar est donc le prolongement de cette prise de conscience et des différentes résolutions visant à accélérer la mise en œuvre des projets retenus autour des 8 secteurs prioritaires identifiés. Pour Cheikh Tidiane Gadio, en vue de mettre fin à la confusion et éviter les gaspillages, « très prochainement, les structures du Nepad seront parties intégrantes de l'Union africaine ». Deux autres grands problèmes ont également été abordés par les chefs d'Etat, à savoir le non-accès aux engagements financiers et les retards accusés quant aux programmes économiques et sociaux. Les inquiétudes des africains se situent dans les retards notés dans l'exécution des travaux dans la presque totalité des secteurs (santé, agriculture, environnement, éducation, Ntic etc). Les interrogations n'ont pas manqué. Pour le ministre Gadio, « il fallait avoir le courage de se poser ces questions parce le Nepad date de 2001, alors qu'on est en 2008 ». Cette première phase de la réunion du Comité de mise en œuvre a également planché sur la restructuration dans le sens d'une mutation à opérer dans la gestion des programmes et projets. L'exécution sera confiée aux experts et les chefs d'Etat vont désormais constituer un véritable Conseil d'administration. De l'avis du Ministre d'Etat Cheikh Tidiane Gadio, « dans aucune structure du monde on n'a vu les experts qui pilotent, alors que les Chefs d'Etat mettent en œuvre ». Prenant le relais du Premier ministre éthiopien Mélès Zénawi, à la présidence du Comité des chefs d'Etats chargés de la mise en œuvre des projets du Nepad, Me Abdoulaye Wade s'est engagé « à ne ménager aucun effort pour mettre en œuvre les réformes annoncées ». Rien ne change par rapport aux priorités du fait que depuis 2002, les ministres avaient déjà identifié les projets relatifs aux 8 secteurs que sont les infrastructures, l'éducation et la culture, la santé, l'agriculture, l'énergie, l'environnement, les Tics et l'exportation des biens et services (tourisme compris). Sauf l'adjonction de questions de bonne gouvernance, de la promotion du secteur privé comme moteur de la croissance et de la région comme espace opératoire. Il reste simplement à agir sur les structures du Nepad pour plus d'efficience et d'efficacité dans la mise en œuvre. A l'issue de longs débats à huis clos, les Chefs d'Etat et les ministres ont décidé que la réunion de Dakar serait suivie d'une seconde phase, à inscrire dans un processus de plus longue haleine.

Le Nepad dans une "léthargie inadmissible"

Cette rencontre de Dakar est venue au bon moment car elle a apporté des réponses aux interrogations des Africains. "Qu'est ce qui ne va pas dans le Nepad? Pourquoi le Président Wade ne rate jamais une occasion de critiquer le Nepad? Ces critiques, signifient-elles qu'il ne croit plus à ce programme qu'il a pourtant largement contribué à mettre au jour?" Cette situation s'explique, entre autres, par plusieurs problèmes qui ont comme noms, "lourdeur et mauvaise fonctionnalité du Secrétariat, prises de décisions unilatérales compétences mal définies qui se chevauchent avec celles des autres organisations communautaires, non respect de la définition des secteurs prioritaires et leur mauvaise articulation etc". En 2006, l'ancien ministre sénégalais du Nepad, Abdoul Aziz Sow disait en ces termes : "Aujourd'hui, la situation s'est tellement aggravée que le Nepad vit dans une léthargie inadmissible. Et c'est cette léthargie, consécutive aux multiples déviations par rapport à la vision originelle qui suscite et explique les critiques du Président Wade." Dans le but de trouver des solutions à cette situation, les derniers Sommets des Chefs d'Etats et de Gouvernement de l'Union africaine tenus à Khartoum et à Banjul ont entériné l'initiative de Me Wade relative à l'organisation d'une réunion de réflexion d'ensemble à Abuja en octobre 2006. Elle visait à recentrer les orientations du Nepad autour de la vision originelle de manière, à accélérer la mise en œuvre des projets déjà identifiés et à revenir aux choses même après "un égarement de cinq ans". La question à savoir "si Wade croit toujours au Nepad?", Aziz Sow déclare: "En vérité, le Président Wade croit plus que jamais au Nepad. Ses critiques portent plutôt sur la façon dont il est administré à partir du secrétariat logé en Afrique du Sud et sur l'insensibilité manifeste de certains de ses pairs initiateurs quant à l'urgence de faire des réalisations à la hauteur des attentes que ce programme suscite auprès des peuples africains."

Talibouyé AÏDARA

# Posté le mardi 10 juin 2008 12:32

Après leur marathon, Mme Clinton soutient Obama

Après leur marathon, Mme Clinton soutient Obama
" La seule manière de continuer le combat...est de mobiliser toute notre énergie, notre passion et notre force pour aider Barack Obama à être élu président des Etats-Unis " . Ses milliers de partisans ont, dans leur immense majorité, follement acclamé Hillary Clinton quand elle les a appelés, samedi, à se rallier au vainqueur des primaires démocrates, qui sera le candidat du parti à la présidentielle de novembre. Mais il s'est quand même trouvé une minorité pour siffler et huer le nom du sénateur de l'Illinois, un indice que la réunification de la " famille démocrate " souhaitée par Hillary ne sera peut-être pas si facile.
Ils étaient des milliers samedi, venus de tous le pays, à avoir envahi dès dix heures du matin le hall monumental du Musée National du Bâtiment, au centre de Washington. Il n'y avait probablement jamais eu autant de journalistes, photographes et caméras de TV dans une réunion politique depuis le début des primaires que pour couvrir les adieux d'Hillary à son rêve de devenir la première femme élue à la Maison-Blanche.

"Assurer que Barack Obama sera notre prochain président"

Mais la manifestation n'a rien eu d'un enterrement. L'ex-candidate, flanquée de son époux, l'ex-président Bill Clinton, de leur fille, Chelsea et de sa propre mère, Dorothy Rodham, était aussi souriante et pugnace qu'elle l'avait été tout au long des 54 élections primaires qui se sont terminées, de l'aveu de tous les politologues, par le résultat le plus serré de l'histoire politique américaine et sa défaite sur le fil. " Ce n'est pas tout à fait la fête que j'avais espérée , " a-t-elle reconnu " mais je suis vraiment heureuse que vous soyez là ! ".
Elle a d'entrée apporté un démenti cinglant à ses (nombreux) adversaires qui n'avaient cessé de chuchoter que, mauvaise perdante, elle refuserait de soutenir son rival, voire qu'elle tenterait jusqu'au bout de mener une guérilla jusqu'à la convention du parti, fin août à Denver (Colorado), de manière à affaiblir Obama et handicaper ses chances de battre le républicain John McCain. A plusieurs reprises, elle a martelé au contraire qu'elle lui apporte son " soutien total " et a répété sa volonté de " (se) battre de toutes (ses) forces pour assurer que Barack Obama sera notre prochain président ".

Coup de pouce indispensable, mais pas suffisant

A ceux, et surtout celles, qui seraient tenté(e)s de ruminer sur l'injustice du résultat des primaires, elle a intimé de " ne pas regarder en arrière en se lamentant sur ce qui aurait pu être " , car " le temps est trop compté et l'enjeu trop important ". En près d'un demi-siècle, a-t-elle rappelé à l'assistance, les Démocrates ne sont parvenus à remporter que trois présidentielles sur dix, " et deux l'ont été par l'homme qui est ici à mes côtés ". (Depuis la fin de la présidence Johnson en 1968, Jimmy Carter, en 1976 et Bill Clinton en 1992 et 1996, ont été les seuls Démocrates à avoir été élus présidents). " Nous ne pouvons pas gâcher cette chance " . " Il vous faut vous mobiliser pour Barack Obama avec autant d'enthousiasme que vous l'avez fait pour moi " a-t-elle conclu, reprenant même à son compte le slogan popularisé par le sénateur de l'Illinois, " Yes, We Can ! " (Oui, nous le pouvons !)
En se ralliant spectaculairement et sans ambiguïté à la candidature Obama, Hillary a donné à ce dernier un coup de pouce indispensable, mais pas suffisant. " Ce n'est qu'un discours, elle n'avait pas d'autre choix pour ne pas apparaître comme une fauteuse de division du parti " expliquait vendredi soir une proche d'Hillary, qui a contribué à mettre sur pied l'impressionnant réseau féminin qui a fait en partie le succès de sa campagne. " Mais il va falloir qu'elle pousse directement et personnellement pour que les femmes qui ont soutenu sa candidature basculent derrière celle d'Obama. Pour le moment, je reçois beaucoup d'e-mails de femmes accablées, furieuses ou en deuil qui affirment qu'elles ne soutiendront pas Obama" . Au mieux, ces militantes attendent de voir quelle sera l'attitude (souvent jugée arrogante) du camp Obama envers Hillary et ses proches.

Rencontre discrête

Le " bloc Hillary ", les millions de femmes de tous milieux qui avaient été le moteur de sa campagne, sont donc soudain devenues les Américaines les plus courtisées du moment. John McCain a déjà entrepris de les séduire, mettant en avant la sécurité qu'il incarne et rendant de vibrants hommages au rôle historique d'Hillary. Barack Obama n'a pas perdu de temps lui non plus, saluant, dès la fin du discours de sa rivale, " sa campagne courageuse et historique...qui a brisé des barrières, au profit de mes filles et de toutes les femmes " .
Il ne manque plus une occasion d'invoquer l'influence décisive de sa grand-mère (qui vit toujours à Hawaï), de sa mère et de mettre en avant son épouse et ses deux petites filles. Il avait préparé avec Hillary le ralliement de cette dernière en la rencontrant, en secret et en tête à tête, une heure durant, jeudi soir, au domicile washingtonien de la sénatrice de Californie Dianne Feinstein, une partisane de Clinton. Rien n'a filtré de la rencontre.
Les dirigeants démocrates ont par ailleurs commencé à reconnaître, après avoir nié le problème, le rôle que le sexisme d'une couverture médiatique souvent hostile à Hillary, a joué dans ces primaires. " Un grand nombre de personnalités de la TV se sont comportées comme des enfants " a accusé le président du parti, Howard Dean. La sénatrice Feinstein (première femme élue au Sénat en 1992) a elle aussi déclaré que la campagne avait montré que " le sexisme reste bien ancré dans ce pays " , et les colonnes des journaux et magazines, en même temps qu'ils dressent la (longue) liste des fautes, erreurs et insuffisances qui ont été la cause principale de la chute d'Hillary commencent à se demander si le sexisme n'est en fait pas plus profond que le racisme dans la société américaine.

Les femmes, l'enjeu déterminant

Hillary elle-même a replacé samedi sa campagne dans la longue histoire de la lutte des femmes pour l'égalité, présentant ses 18 millions de voix comme autant de " fêlures dans le plafond de verre " qui interdit aux femmes d'accéder aux plus hautes fonctions. Elle a rappelé, y compris à l'intention d'Obama, qu'elle allait continuer de revendiquer " l'égalité des chances, des salaires et du respect " . La priorité de ce dernier est en fait désormais d'éviter une grève des urnes de la part des électrices. Celles-ci sont Démocrates à 44%, et indépendantes à 24%, et elles constituent une base sans laquelle aucun candidat démocrate ne peut espérer être élu. Or elles ont très majoritairement préféré Hillary à Obama dans les primaires.
Outre le mouvement, qui continue, pour qu'Obama propose la vice-présidence à Hillary (hypothèse jugée plus qu'improbable dans l'entourage de celle-ci), on parle d'un rôle pour Chelsea Clinton dans la campagne Obama, ou d'un grand discours sur les problèmes des femmes que le candidat pourrait prononcer, où il pourrait prendre l'engagement d'une parité dans son gouvernement s'il est élu. Seule certitude, dit la sénatrice du Missouri Claire McCaskill (une partisane d'Obama) : " Nous avons beaucoup, beaucoup besoin d'elles, et nous de devons pas avoir peur de l'admettre ".

Le Point.fr

# Posté le jeudi 05 juin 2008 05:56

Modifié le dimanche 08 juin 2008 07:26

Blondy tacle Teken Jah et soutient Wade

Blondy tacle Teken Jah et soutient Wade
A Dakar pour l'anniversaire de Bob Marley, Seydou Koné alias Alpha Blondy a versé sa bile sur son frère Tiken Jah Fakoly avant d'apporter son soutien au Président Wade dans le combat qui l'oppose à la Fao.

Le choix de Dakar
« J'ai été invité par mon frère Youssou Ndour. Il m'avait convié il y a trois ans, il m'avait payé et on avait finalement annulé, mais j'avais déjà bouffé l'argent. A chaque fois que je viens à Dakar c'est un événement, parce que mon premier concert international s'y est tenu au stade Demba Diop et à Sorano en 1983. En ce qui concerne l'anniversaire de Bob Marley, il est très symbolique qu'un non rasta prenne l'initiative de célébrer Bob Marley, qui est du reste mon père spirituel. Je veux œuvrer à ce que sa mémoire demeure éternelle. »

Elections en Côte d'Ivoire
« Je suis optimiste. Je préfère parler de la bouteille à moitié pleine que de la bouteille à moitié vide. Il faut un code de bonne conduite, parce que les va-t-en-guerre prient pour que tout foire. Il ne faut donc pas céder au pessimisme. Nous qui sommes soucieux et conscient de la souffrance des Ivoiriens qui n'ont rien demandé pour mériter tout ce malheur. Nous souhaitons du fond de notre cœur que les accords de Ouagadougou puissent enfin donner une paix vrai et durable aux Ivoiriens qui le méritent. »

Blondy-Tiken Jah
« Je ne l'aime pas et il me le rend bien. Je crois que pour faire sa promotion, sa maison de disque voulait qu'il agresse Alpha Blondy. Il n'avait pas besoin de cela. Il fait une bonne musique et moi j'étais très fier de lui. Je n'ai, par contre, pas compris cette agression gratuite. Récemment il voulait la paix et moi je lui ai dit : « vas te faire foutre ». »

Tiken, persona non grata au Sénégal
« Je ne vais pas être hypocrite. On ne peut pas venir d'un pays en feu comme la Côte d'Ivoire et dire à un président démocratiquement élu « quitte le pouvoir ». C'est d'abord être mal élevé parce que ce n'est pas ton copain et c'est à la limite ton grand père. J'approuve cette décision car il a osé et ils ont osé. Chez nous on dit que tu ne vas pas à un village où il y'a un baptême et demander que l'enfant porte ton nom. Il ne faut pas confondre artiste engagé et artiste mal éduqué. »

Afrique...
« Il est inadmissible que 98% des présidents africains arrivent au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat. Je me bats contre ces braquages politiques qui doivent cesser. Nous sommes un continent riche mais notre instabilité politique a entrainé notre instabilité économique. Ce sont les politiciens qui nous ont installés dans cette grosse merde. »

Blondy et la politique
« Je suis consciencieux. En Afrique, nous avons des problèmes car tout le monde croit qu'il est politicien. Il faut laisser les politiciens faire la politique. »

Wade Fao
« Je suis d'accord avec Abdoulaye Wade. La FAO a une politique de foutaise ; ce sont des affameurs. Voici des gens qui ponctionnent nos Etats pour éviter justement la famine. Maintenant, comment est ce que ces gens peuvent nous dire " il y a la famine, faites attention" ? N'ont-ils pas encouragé nos pays à faire de la culture d'exportation? Le café et le cacao, les Africains ne le produisent pas pour eux-mêmes. C'est en Suisse qu'on fait le chocolat, mais c'est nous qui le plantons. La Fao ne règle pas nos problèmes. C'est pourquoi je soutiens Wade dans son initiative. Je pense que, pour une fois, la négraille doit être solidaire avec lui. »

Reggae et marijuana
« Je fumais deux paquets de cigarettes par jour pendant 36 ans. Mais aussi un peu d'herbe. Actuellement, j'ai un poumon touché. C'est pourquoi j'ai arrêté de fumer.
Toutefois, la cigarette est plus nocive que l'herbe. Je ne dis pas que l'herbe n'est pas nocive. L'hypocrisie que je ne comprends pas c'est comment on peut autoriser la vente de la cigarette alors qu'elle donne le cancer. Pourquoi nos états laissent-ils les compagnies de cigarettes sponsoriser des matchs de foot et des concerts. Ils n'ont qu'à taxer les panneaux à 2 milliards. Ces sommes serviront à construire des hôpitaux. »

Talibouya Aïdara

# Posté le lundi 26 mai 2008 13:42

Modifié le mardi 27 mai 2008 08:42