Né un 3 mai 1946 à Halfa au Soudan, Mohamed Ibrahim pour la bonne gouvernance en Afrique, a créé le prix de la Fondation Mo Ibrahim. A travers ce prix, il a mis la plus grosse récompense individuelle au monde.
« Je suis Mo Ibrahim, je suis un Nubien du Soudan, je suis Africain. » Certes cette phrase est brève, mais renseigne beaucoup sur l'homme. Mohamed Ibrahim, puisque c'est de lui qu'il s'agit, est un expert international dans le secteur des télécommunications. Natif de Halfa au Soudan, Mo Ibrahim reste le fondateur de la société africaine de télécommunications Celtel International. Après une brillante carrière universitaire et entrepreneuriale, le père fondateur de la Fondation Mo Ibrahim créa en 1998 Msi Cellular Investments, qui prendra plus tard le nom de Celtel. Pour lutter contre les inégalités, ladite société va s'installer dans 15 pays africains avec un investissement de plus de 750 millions de dollars. Les résultats ? Création d'emplois et la communication mobile à la portée des millions d'Africains. Certes le travail est noble, mais sa réalisation n'est pas facile car en Afrique la male gouvernance gangrène le fonctionnement de nos Etats. Nos décideurs sont tellement obnubilés par le pouvoir et l'argent qu'ils confondent les priorités. Les quelques rares qui font des efforts sont devenus des marginaux. La bonne gouvernance qui reste le pilier central du développement est reléguée en seconde position. Face à une telle situation, les investisseurs et les cadres africains ont trouvé meilleurs d'aller vers des horizons plus prometteurs. Pour parer à cette situation, Mo Ibrahim n'a trouvé meilleur que de brader à 3,4 milliards de dollars sa société qui a déjà de la visibilité à Mtc Kuwait. Et pourtant, Celtel est devenue l'une des plus importantes entreprises commerciales africaines. L'objectif était de créer une fondation afin de venir à bout des problèmes en Afrique avec comme devise « la clef du développement de l'Afrique passe par la bonne gouvernance ». Fidèle à ses engagements, il lança la Fondation Mo Ibrahim un 26 octobre 2006. D'après Mohamed Ibrahim, « rien, absolument rien n'est plus important pour l'Afrique qu'une bonne gouvernance ». Pour atteindre sa mission, il s'est entouré d'imminentes personnalités. Entre autres, le Dr Mamphela Ramphele, Ancien Directeur général de la Banque mondiale, Mme Mary Robinson, Ancien Présidente de la République de l'Irlande, de Mme Aïcha Bah Diallo, ancien ministre de l'Education Nationale de la République de Guinée. Pour joindre l'acte à la parole, il mettra la plus grosse récompense individuelle au monde avec le prix de la Fondation Mo Ibrahim. Le prix comprend 5 millions de dollars US sur 10 ans et puis 200 000 dollars US par an pour le restant de sa vie. Et enfin 200 000 dollars supplémentaires pourraient être débloqués chaque année pour le financement d'une bonne cause soutenue par le vainqueur dans le cadre des activités d'intérêt public. Le premier gagnant n'est autre que Joaquim Chissano, ancien Président du Mozambique. L'objectif n'est autre que de récompenser les accomplissements d'un leader africain. Dans le cadre de sa mission, Mo Ibrahim et les membres de sa fondation étaient à Dakar, au Sénégal le 17 avril 2008 où ils ont tenu une journée d'échanges avec la presse. Interpellé sur les raisons de la création de ladite structure, le natif de Halfa déclare : « J'ai été interpellé par la situation en Afrique. Ce n'est pas l'argent qui manque en Afrique. Nous ne devons pas attendre que les autres viennent nous donner des ressources comme si nous étions des mendiants alors que nous avons nos moyens de faire quelque chose. C'est pourquoi je me suis senti interpellé pour faire cet acte afin de motiver les africain à résoudre eux même leur problème. » Avec l'index pour la bonne gouvernance, Mo Ibrahim soutient avoir allumé « un phare sur la bonne gouvernance en Afrique en apportant une contribution originale pour améliorer la qualité de la gouvernance ». A l'en croire, « c'est un outil permettant de responsabiliser les gouvernements et d'encadrer le débat concernant le mode de gouvernance. Les Africains fixent des références de comparaison non seulement pour leur propre continent, mais pour le monde entier. »
Index Ibrahim pour la bonne gouvernance
L'index classe 48 pays africains selon des critères permettant d'évaluer la bonne gouvernance. En tête de ce classement, les insulaires ravissent la vedette. L'île Maurice, les Seychelles, le Botswana, le Cap Vert, l'Afrique du Sud, le Gabon, la Namibie, le Ghana, le Sénégal, et Sao Tomé sont les pays qui ont les meilleurs indices de bonne gouvernance en Afrique de la première publication du premier Index de la fondation Mo Ibrahim. Ainsi, l'île Maurice, et les Seychelles occupent respectivement la première et la deuxième place. Le Botswana qui est une démocratie stable dont la richesse provient des diamants et de l'agriculture arrive en troisième position. Le Cap-Vert, une autre île s'accapare de la 4ème position. Ce pays est aidé par une diaspora très importante que dans les îles mêmes. Sa population expatriée est plus nombreuse que celle qui est basée au pays. Dans cette sélection, cinq catégories sont appliquées à chaque pays. Ceci pour permettre de déterminer le classement final. Entre autres, il s'agit de la sécurité, des règles de droit, des droits humains, du développement économique, et du développement humain. Développé par la Kennedy School de l'université de Harvard, avec l'aide d'une commission composé d'universitaires africains, l'index a compilé des données provenant de diverses sources incluant les Nations-unies, des organisations comme Transparency International, ou des think thank comme "Freedom house". Le pays qui a l'indice de gouvernance le plus bas reste la Somalie. Faut-il précisé que ce pays n'a pas de gouvernement depuis la chute de Siad Barré en 1991. Au bas du classement, la RDC, le Tchad et le Soudan. Interpellé sur les critères de sélection, Mo Ibrahim dira : « En ce qui me concerne, je n'ai aucune préférence quelconque pour tel ou tel pays. Je ne suis pas la personne qui élise ses pays. »
Talibouyé AÏDARA




