Calvaire de journalistes en Gambie

Calvaire de journalistes en Gambie
MUSA SAIDY KHAN

« C'est un coup de fil de Mbéki qui m'a sauvé »

Musa Saidy Khan a travaillé avec presque tout ce que la Gambie a comme organe presse : The Point, New Citizen, Citizen Fm, Radio Gambia, The Inquirer, Panapress pour enfin finir au journal The Independant Directeur de Publication. Le journaliste vit à Dakar depuis le 15 mai 2006 - il est persona non grata dans son pays natal. On l'accuse de complicité avec les acteurs du coup d'Etat avorté du 21 mars 2006. Six jours plus tard, il est interpellé par les forces de l'ordre car il a publié une liste de personnes arrêtées sans que leurs parents et avocats ne soient informés. Les arrestations et menaces proférées à l'égard des journalistes du journal The Independant ne font qu'augmenter. Pour passer à la vitesse supérieure, « les gardes rapprochés du Président de la République mettent le feu à l'imprimerie de ce journal ». Musa Saidy Khan a passé 22 jours en prison où la torture faisait partie du lot quotidien des détenus. Les cicatrices sur sa joue, son épaule et son dos en témoignent. On veut l'obliger à dire qu'il sait du coup d'Etat. Il ne doit son salut qu'à l'intervention du Président Sud africain, Thabo Mbéki, qui exige sa libération avant de participer à la rencontre de l'Union africaine en 2006. Pour vérifier si Yaya Jammeh a tenu sa promesse, le successeur de Nelson Mandela a pris son téléphone pour appeler Saidy Khan. « Il m'a même demandé si je voulais venir travailler en Afrique du Sud » dévoile le journaliste. Mais l'offre est déclinée. « Parce que je voulais me battre pour obtenir une liberté de presse dans mon pays » déclare l'intéressé. Après cette libération, l'homme reçoit des appels anonymes qui lui demandent de quitter le pays au plus vite. Certains déclinent même leurs identités et beaucoup d'entre eux gravitent autour de l'appareil d'Etat. Musa Saidy Khan soutient aussi avoir vu des véhicules avec des vitres teintés et sans numéro d'immatriculation rodaient aux alentours de sa maison. Ne se sentant plus en sécurité, le protégé de Mbéki prend le chemin de l'exil, le 13 mai 2006, et passe en Casamance. Il laisse derrière lui une épouse qui en est à six mois de grossesse. Après avoir passé une nuit à Ziguinchor, il prend le bateau pour venir à Dakar. Il y reste quatre mois sans boulot, mais survit grâce à l'aide de ses confrères et amis. Depuis, il a pu gérer la maternité de son épouse qui vit actuellement à Dakar. Membre de l'organisation des éditeurs de presse d'Afrique, Musa Saidy Khan s'est rendu dans le pays de son sauveur, Thabo Mbéki où un projet lui avait confié. Depuis, il travaille dans la capitale sénégalaise pour Afro News, mais le contrat prendra bientôt fin. « J'espère qu'il sera renouvelé ».

MAMADOU LAMINE JAITEH

« Nous ne sommes ni des menteurs, ni des rebelles »

Mamadou Lamine Jaiteh a fui son pays pour échapper à la mort ou à la prison. Son périple a commencé le 27 juin 2007, date à laquelle, il a pris congé de son pays natal. L'homme passe d'abord deux nuits à Kaolack avant de rallier Dakar, le 29 juin 2007. A Banjul, on l'accusait d'être le correspondant de la Média Fundation for West Africa. Ladite structure dans son rapport 2006 a parlé de la situation des journalistes dans le pays du Président Yaya Jammeh. En 2007, les services secrets ont été mis à contribution pour trouver l'auteur des articles. « Tout a commencé par le coup de fil du Directeur de Publication de « Daily Observer », quotidien de l'Etat. Au téléphone, il m'a demandé de passer dans son bureau parce qu'il avait une lettre de Média Fundation for West Africa à me remettre. C'était un vendredi, je lui ai dit que j'étais à Brikama et que je ne pouvais pas venir. Il m'a appelé une deuxième fois pour me demander si je travaillais pour Média fundation. Sans tâtonner, j'ai répondu que non. Quinze minutes plus tard, il me rappelle en me traitant de menteur : « Tu ne m'a pas dit la vérité, tu travaille pour Média Fundation» se souvient Mamadou Lamine Jaiteh. « Dix minutes plus tard, un certain Monsieur Diallo m'a appelé à son tour pour me dire qu'il a une lettre pour moi » raconte encore le journaliste. « Il a insisté et appelé mon épouse. Sur le coup j'ai compris que j'étais en danger et j'ai pris le véhicule pour quitter le pays. Au moment où je passais la frontière sénégalaise, le même gars m'a appelé pour me dire : « tu as travaillé pour Média fundation durant quatre ans ». » Trop tard, Lamine Lamine Jaiteh est déjà au Sénégal. S'il a échappé à la prison voire la mort, il vient d'entrer dans une nouvelle étape de sa vie ou la réussite reste incertaine.
« C'était un nouveau défi à relever pour moi qui ne suis jamais resté hors de ma famille durant six mois en neuf ans de mariage» ce père de trois enfants qui s'interroge sur son futur immédiat. « Comment m'intégrer ? Comment maintenir mes relations et mon boulot dans un pays francophone ? ». Avec la création de la radio Avg en octobre 2007, Mamadou Lamine Jaiteh est revenu dans sa vie normale de journaliste. La station basée à Dakar travaille pour les Gambiens via Internet. C'est de l'information faite par des Gambiens pour des Gambiens. « Il faut que l'Etat accepte que les journalistes sont des citoyens gambiens et non ses ennemis. Nous ne sommes ni des menteurs, ni des rebelles » fulmine Mamadou Lamine Jaiteh.

SHERIFF BOJANG JUNIOR

« Je n'ai passé que 20mn chez mon père »

Après avoir passé des années en Angleterre, Sheriff Bojang Jr a décidé de revenir au bercail pour voir une dernière fois son père qui était au crépuscule de sa vie. En quittant Londres le vendredi 11 mars 2007, il ne savait pas qu'il n'allait pas restait plus de cinq heures en Gambie. Arrivé à l'aéroport international de Banjul, l'homme est surpris de voir que son nom était inscrit sur une liste noire. Interpellé par des policiers à sa descente d'avion à 19h, Sheriff a été bombardé de questions avant que son passeport et ses bagages ne soient saisis par les éléments de la Police. Les raisons ? On l'accuse d'avoir écrit un article dans un journal locale « Independant » sur l'assassinat de Deyda Hydara et qui pouvait créer une insurrection. En bon journaliste, Sheriff reconnait la paternité de son article. Cependant, il refuse qu'on dise que son objectif était de créer une insurrection. « J'ai simplement demandé que justice soit rendue » martèle-t-il. Il poursuit « j'ai passé deux heures de temps à l'aéroport avant que les policiers ne me demandent de répondre à la Division criminelle le lundi matin à 8h, poursuit Sheriff Bojang Jr. C'est un agent des services secret qui a appelé à la maison pour leurs informer que j'étais en route. Mais qu'il n'était pas certain que j'y arrive. Car les instructions étaient données pour qu'on m'arrête avant que je n'arrive à la maison. » La même personne a ensuite rappelé pour demander à ce Sheriff Bojang Jr quitte au plus vite possible le pays. Le journaliste n'a passé que vingt minutes au domicile paternel, avant de rendre visite à sa maman moins de dix minutes. Humilié, l'enfant prodige ne pas voulait pas partir. Il a fallu l'intervention de son père pour qu'il accepte de quitter Banjul sans papier ni argent. C'est ainsi que le jeune Sheriff est entré dans la clandestinité. Dans un premier temps, il rallie Darsalam Chérif en Casamance. Il y passe trois jours à Darsalam avant de prendre la route de Ziguinchor, toujours sans papier. Il emprunte alors le corridor, Ziguinchor-Kolda-Tambacounda-Kaolack-Dakar. C'est l'unique solution pour éviter d'entrer en Gambie. Après son brusque départ, le frère de Sheriff Bojang Jr, journaliste comme lui, se rend à la Police pour la déclarer sa disparition. Sept mois plus tard, le père décède. Sheriff Bojang Jr qui est à Dakar n'ose pas faire le déplacement pour assister aux funérailles. « S'il y a une chose qui m'a marqué et qui restera gravé dans ma mémoire, c'est bien le décès de mon père » se lamente le jeune journaliste. « J'étais à Dakar et je ne pouvais pas aller en Gambie. Cela m'a beaucoup touché et je ne l'oublierai jamais. »

Propos recueillis par Talibouya Aïdara
Paru dans Matalana de septembre 2008

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# Posted on Thursday, 15 January 2009 at 10:45 AM

ÊTRE JOURNALISTE AU PAYS DE YAYA JAMMEH

ÊTRE JOURNALISTE AU PAYS DE YAYA JAMMEH
GAMBIE

« Ferme ta gueule ou casse-toi ! »

Ceux qui doivent parler ne parlent plus. Les journalistes politiques sont les plus « fatigués » alors que politique et médias vont de pairs. La Gambie reste l'un des Etats policiers d'Afrique.

Trente ans de prison ferme pour un journaliste qui dévoilerait un secret d'Etat en Gambie. Mais qu'est ce qu'un secret d'Etat en Gambie ? Aujourd'hui, l'Etat gambien veut par tous les moyens contrôler les médias et leurs agendas. Les journalistes sont obligés de suivre la ligne tracée par le Président Yaya Jammeh et ses hommes ou disparaître. La mainmise sur la presse a commencé par l'achat de Daily Observer qui appartenait à un journaliste d'origine libérienne. Quant aux correspondants étrangers, ils ont été expulsés comme le Sénégal l'avait fait avec Sophie Malibeaux de Radio France Internationale (RFI) en 2003. Tous ceux qui travaillent pour un changement ont quitté le pays parce que leur vie est en danger. « Je crois que le vrai changement doit commencer par la population qui a décidé de se taire dans un silence complice. Dans tous les cas, il y aura un changement, mais ce n'est pas maintenant » fulmine sous le sceau de l'anonymat un reporter gambien exilé au Sénégal voisin qui n'ose pas rentrer au pays. Pourquoi l'anonymat ? « Mon épouse, mes enfants et ma maman en Gambie. A défaut de ma personne physique, ils peuvent s'attaquer à ces derniers. C'est la raison pour laquelle je me méfie» explique ce confrère.

Un appel au monde libre
Loin de la peur, ces exilés sont engagés à se battre jusqu'à la dernière souffle pour obtenir la liberté de la presse en particulier et des populations gambiennes en général. En adoptant la stratégie du bélier qui consiste à « reculer pour chercher de la force », ces compatriotes de Yaya Jammeh, préparent leur retour lentement mais sûrement. « Le changement n'est pas pour demain en Gambie parce que tous professionnels sont partis. Les organes libres aussi sont fermés. Seuls les médias d'Etat fonctionnent» estiment les journalistes gambiens installés à Dakar. Et ils lancent un appel au monde « libre ». « Il faut que les organisations des droits de l'homme, l'Union Africaine, la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), l'Union Européenne et les Nations Unies jettent un regard critique sur la Gambie. Laisser les populations s'exprimer est une bonne chose. Qu'il y ait solution ou pas, ça leur permet de se décharger. Même s'il n'y a pas de pétrole, de diamant, d'or ou de bauxite, la Gambie reste importante car elle abrite le siège de la Commission de l'Union africaine pour les droits de l'homme. En d'autre terme, la Gambie devrait servir d'exemple aux autres pays» dira Musa Saidy Khan.
Dans les locaux de la Voix alternative par radio pour les Gambiens (AVG), récemment créée par des Gambiens et des ONG spécialisées dans la défense des droits de l'homme en général et la liberté d'expression en particulier, Sheriff Bojang Junior, Lamine Jaiteh et leurs amis travaillent pour conscientiser la population gambienne via Internet. L'objectif principal de cette radio est de fournir aux Gambiens des moyens alternatifs d'accéder à une information impartiale et indépendante. « L'accès à une telle information permettra à des citoyens de faire des choix concernant le développement politique, économique, social et culturel de leur pays, explique la Directrice, Amie Joof. Ces journalistes, à la différence de leurs collégues du Sénégal qui se battent pour paraître sur les pages des journaux, préfèrent passer inaperçu. « Please, ne prenez pas mon image », supplie l'un d'entre eux avec la mine sérieuse et triste. Après quelques minutes de silence, il reprend la parole en ces mots : « Comprenez-moi. Je ne refuse pas la photo, mais je ne veux que mon image paraisse dans les journaux parce que le régime en place chez nous est très dangereux. Certes, je suis en sécurité au Sénégal, mais j'ai de la famille en Gambie. Ma sortie peut mettre leur vie en danger.»

Surveillé par la police
Pour convaincre du besoin de sécurité, notre confrère gambien revient sur la mésaventure de quelques journalistes en Gambie. Il évoque celles survenues à l'un des correspondants de BBC à Dakar, Tidiane Sy. Ce dernier était en Gambie pour couvrir le sommet de l'Union Africaine en 2006. Malheur à lui, il a commis l'erreur de dire qu'il y a des défections au niveau de la climatisation dans la salle de conférence. Cette information n'a été au goût du régime en place. Sans tarder, ils ont pris des dispositions pour le surveiller. D'après notre interlocuteur, « Tidiane Sy était suivi partout. Même à l'hôtel, on montait la garde devant sa porte. Finalement, ayant peur de rester seul dans sa chambre, il passait la nuit dans la chambre de ses confrères. Pour le protéger, nous nous sommes organisés et l'avons accompagné jusqu'à la frontière avec le Sénégal. Plus grave, l'assassinat du Directeur de Publication du journal The Point et correspondant de l'Agence France Presse (AFP), un des pionniers de la liberté d'expression en Gambie. Un soir, l'homme quitte sa rédaction aux environs de 23h avec quelques employés qu'il devait déposer chez lui. Sur le chemin, un véhicule leur coupe la route. Des hommes armés criblent le véhicule de balles. Si les autres n'ont eu que des blessures, Deyda Hydara lui succombera quelques heures plus tard à la Victorial Hospital de Banjul surveillé par des hommes en tenues.

Détenu au secret
Un journaliste qui avait travaillé avec lui revient sur le dernier jour de son ex-patron Deyda Hydara. « Il y avait un pot ce jour là à la rédaction. Tout le monde était de la fête. J'avais un rendez-vous important. Pour ne pas arriver en retard, j'ai demandé la permission à mon Directeur de Publication de quitter la soirée. Celui-ci a demandé à ce qu'on me prépare des boissons et des amuses gueules à emporter. On s'est séparé sur ces mots : à demain. » En partant, le jeune reporter ignorait qu'il n'allait plus revoir l'homme qui avait contribué à sa formation. Le lendemain, son téléphone sonne à 6h du matin. « J'hésitai avant de décrocher. Au bout du fil, une connaissance qui me demandait si je n'avais pas de problème. Je répondis par la négative avant de lui renvoyer une question. Mais, il refuse de me répondre et me raccroche au nez » raconte-t-il. Sans faire de calculs, le journaliste prend un taxi pour rejoindre la rédaction. « Avant de descendre du véhicule, j'aperçois des policiers dans nos locaux. Le vieux gardien de la rédaction fidèle à sa pipe, fume tranquillement. Cet homme me prévenait à chaque fois que les hommes de l'opposition venaient dans nos locaux. « Fait attention, ces hommes sont des bandits » disait-il. C'est lui qui m'informa.».
Quand à Chef Ebrahima B. Manneh, journaliste au quotidien « Daily Observer », il a été arrêté à Banjul le 11 juillet 2006 par des agents de la tristement célèbre National Intelligence Agence (Nia), service de renseignements et de police politique du régime gambien. D'après ces confrères, « depuis lors, il a été détenu au secret et transféré d'une prison à une autre. Il a été aperçu pour la dernière fois, 188 jours après son arrestation. La Police nie toujours le détenir. » Au 03 mai 2008, journée internationale de la liberté de la presse, Chef E.B Manneh a passé 661 jours en détention sans aucune charge ou procès. L'Etat gambien, traduit au tribunal de la Cedeao à Abuja a refusé de répondre. Néanmoins, la sentence est tombée. Il doit payer 100.000 dollars et est appelé à libérer Chef Manneh dans les plus brefs délais. C'est après cette disparition que la plupart des reporters gambiens, aujourd'hui en exil, ont pris leur besace pour la déposer soit au Sénégal, au Ghana, en Europe ou aux Etats-Unis.

Talibouya Aïdara
Publié dans Matalana en septembre 2008
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# Posted on Thursday, 15 January 2009 at 7:18 AM

Edited on Thursday, 15 January 2009 at 10:50 AM

Le Comité pour le jugement de Hissène Habré en conclave à Dakar

Le Comité pour le jugement de Hissène Habré en conclave à Dakar
APS – Une rencontre du Comité international pour le jugement équitable de Hissène Habré (CIJEHH) s'ouvre lundi à Dakar, à l'effet de ''renforcer la stratégie politique, pénale et médiatique en vue du procès'', a-t-on appris de bonne source.

Prévue au centre culturel Douta Seck, la rencontre de deux jours permettra de faire le point sur l'état d'avancement du dossier au niveau politique et sur le plan judiciaire, précise un communiqué reçu à l'APS.

Les membres du comité évoqueront notamment la question du financement du procès, les décisions du Comité des nations Unies contre la torture et les positions respectives de l'Union africaine, du Tchad, de la Belgique et de la France, indique la même source.

L'évènement se déroulera en deux étapes, une réunion à huis clos du comité et une conférence-débat qui se tiendra mardi à partir de 14 heures 30 au Centre culturel Douta Seck.

Cette séance vise à informer le public sur les crimes commis durant le régime Habré au Tchad et à mobiliser l'opinion pour le jugement de l'ex-président tchadien par la justice sénégalaise.

Organisée par la Rencontre africaine de défense des droits de l'homme (RADDHO), la réunion se tient au moment où l'ONU s'apprête à demander aux autorités sénégalaises d'organiser dans les meilleurs délais le procès de Hissène Habré ou de l'extrader, indique-t-on de même source.

Habré a été inculpé une première fois au Sénégal en 2000, avant que les juridictions sénégalaises ne se déclarent incompétentes en la matière. En 2005, Dakar a rejeté la demande d'extradition à l'encontre de Habré émise par la Belgique.

Finalement, en juillet 2006 l'Union africaine a demandé au Sénégal ''de faire juger Hissène Habré , au nom de l'Afrique''.

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# Posted on Wednesday, 19 November 2008 at 4:01 PM

LE MALHEUR DE L'AFRIQUE VIENT DE LA BANQUE MONDIALE ET DU FMI

LE MALHEUR DE L'AFRIQUE VIENT DE LA BANQUE MONDIALE ET DU FMI
SEYDOU BADIAN KOUYATE, ECRIVAIN ET ANCIEN MINISTRE


Né à Bamako en 1928, Seydou Badian Kouyaté est un écrivain et homme politique malien. Après des études de médecine à l'université de Montpellier en France, il rentre au Mali. Proche du premier président du Mali, Modibo Keïta, il écrit les paroles de l'hymne national, Pour l'Afrique et pour toi, Mali. Militant de la première heure de l'Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (RDA), il est nommé ministre de la Coordination économique et financière et du Plan le 17 septembre 1962. Lors du coup d'État de Moussa Traoré en 1968, il est arrêté et déporté à Kidal où il restera sept bonnes années en détention. Auteur de Sous l'orage, en 1957, Seydou Badian Kouyaté mettra dans les kiosques, Le Sang des masques en 1976, Noces sacrées en 1977 et La Saisons des pièges. Aujourd'hui, au dessus de ses quatre vingt ans, en parlant de la pauvreté en Afrique, il indexe la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.


Comme la Guinée, bientôt beaucoup de pays africains vont entrer dans leur cinquantenaire. Si bilan, il y a à faire, quel bilan feriez-vous ?
Si on était parti dans l'indépendance rupture, l'Afrique pourrait présenter un autre visage. Mais nous sommes partis après l'élimination de Kwamé Nkrumah, Modibo Keita, après l'encerclement de Sékou de Touré, qui a été politiquement éliminé, nous sommes tombés dans le néocolonialisme. Si on se plein aujourd'hui de la pauvreté, c'est parce que la régression a commencé par l'école africaine qui est tombée, la corruption généralisée, les guerres entre nous. Cela est l'œuvre du néocolonialisme et c'est regrettable. Le Fonds monétaire et la Banque mondiale sont des instruments de l'impérialisme qui ont tué l'Afrique. Le malheur de l'Afrique vient de ses institutions de Breton Wood. Si on parle de pauvreté en Afrique, c'est parce qu'elle a été forgée et créée par les ajustements structurels qu'on a imposé aux Etats africains. Nous avons tous suivi comme des moutons de sacrifice. On nous dit partout, le secteur privé, oui le développement doit se faire par le secteur privé. Je viens de sortir mon livre là-dessus. Mais secteur privé, où est-il ? Où est notre secteur privé ? Quel rôle joue notre secteur privé et quelle est sa capacité? C'est le slogan qui nous a mis en retard et qui nous maintient encore en retard. Quant Dominique Strauss Kan a été élu à la tête du FMI, j'ai applaudi parce que je me souviens d'une de ses déclarations. Il disait : « Quant le capitalise ne permet pas le développement il faut que l'Etat se substitue » (Le Nouvel Observateur n°1695 du 11 avril au 06 mai 1997). Ceux qui ont osé jeter les bases de l'industrie africaine, c'est la Guinée, le Ghana, le Mali etc. Aujourd'hui au Mali par exemple les industries qui existent, textile, sucrerie, cigarettes, allumettes sont des usines faites par l'Etat de Modibo Keïta en coopération avec la Chine. Si le coup d'Etat n'avait pas eu lieu, aujourd'hui le Mali serait parmi les Etats émergents parce que nous avons-nous aussi, un sous sol assez riche. Si les africains veulent se tirer d'affaires, il faut qu'ils s'éloignent de la doctrine des institutions de Breton Woods. Ce sont là des instruments de la néo colonisation de l'Afrique. Notre secteur privé n'est pas capable d'industrialiser le continent et nous resterons éternellement vendeurs de matières premières et consommateurs de produits manufacturés. Le FMI et la Banque mondiale avec leurs ajustements structurels, des pères de familles jetés à la rue, ce sont eux qui ont créé cette pauvreté là. Et maintenant avec des assiettes, ils veulent prétendre nous aider à nous tirer d'affaires. C'est ridicule !

Mais nous sommes en démocratie ?
Ecoutez ! Le socle de l'Europe a été bâti par les monarques. On n'impose pas la démocratie. Une démocratie cadeau, ça va où ? Nulle part ! C'est le poison qu'on a introduit chez nous. Ce n'est pas la démocratie qui a bâti le socle de l'Europe. Les Chefs d'Etats africains n'ont pas été capables de dire non à l'Occident.

La Chine revient toujours dans vos propos. Qu'est ce que ce pays représente pour vous ?
Pour moi, je remercie bien le ciel parce que l'année dernière j'ai effectué mon 34ème voyage en Chine. J'ai conduit la première délégation du Mali indépendant en Chine en septembre 1961. J'ai pratiquement rencontré la plupart des grands dirigeants de la Chine. Mais attention, il y a aussi des truands. Il y a des grosses entreprises d'Etat, sérieuses, capables avec lesquelles nous pourrons travailler. Il y a des capitalistes chinois qui ont de gros moyens et qui veulent travailler en Afrique, mais ne connaissent pas. Nos Etats africains ne sont pas libres pour traiter avec la Chine. Moi, je pense sincèrement, que la Chine peut tirer l'Afrique d'affaires. Elle en a la volonté. Ce n'est pas pour le bon Dieu. Elle le dit, elle-même : « C'est l'avantage mutuel. Tu gagnes, je gagne ». Nous, nous avons les ressources, elle, elle a les moyens et la technologie. Nous pouvons discuter avec les Chinois, surtout au niveau des grosses entreprises d'Etat. J'ai la liste d'une vingtaine de grosses entreprises qui veulent travailler avec l'Afrique. Elles peuvent développer l'Afrique. Celles que je vois en Afrique, sont en général des entreprises moyennes. Les grosses ne viennent pas, il faut que les Africains s'organisent pour traiter avec elles. Il y a aussi des privées. J'ai visité dans la banlieue de Pékin une usine qui fabrique de petits avions de deux places. Elle appartient à un jeune qui a une trentaine d'années. Il ne connaît pas l'Afrique et je suis le premier Africain à échanger avec lui. Je l'ai rencontré par le biais d'un jeune chinois dont le père a travaillé avec nous au Mali. J'ai visité aussi une grande usine qui fait des téléviseurs écrans plats. Et le Directeur de l'usine m'a dit qu'il a failli venir au Mali parce que son père avait travaillé avec nous à Sikasso. Aujourd'hui les grosses entreprises chinoises ne demandent qu'une seule chose, traiter avec les Africains sérieux. Mais est ce que les Africains le sont ? Est ce que nous sommes sérieux ?

Je vous renvoie la question ?
Parce que j'ai fait un constat, d'après des exemples bien précis que j'ai vus dans quelques pays. Certains veulent traiter que quand ils ont 10%. L'intérêt du pays ne les préoccupe pas. Ce qui compte pour eux, c'est le pourcentage qu'ils peuvent ramasser. C'est dommage. Il faut que l'industrialisation soit l'affaire du Chef de l'Etat. Ou alors quelqu'un qui lui est très proche pour qu'on ne laisse pas certains ministres faire la pluie et le beau temps sur le dos des populations.

La concurrence déloyale a fini de faire ses preuves en Afrique. Ne croyez-vous pas que laisser la Chine qui fait déjà peur aux grandes puissances, s'implanter en Afrique ne serait pas une mort anticipée ?
Encore une fois, il ne s'agit pas de laisser les frontières ouvertes. Les boutiquiers chinois que vous voyez ici, c'est l'équivalent de nos « bana-bana » (vendeurs à la sauvette) en Chine. On ne laisse pas nos frontières ouvertes. Moi je parle d'industrialisation et du développement agricole avec des entreprises d'Etat qui gagnent, je gagne. Quand ont dit que la Chine va coloniser l'Afrique, je rigole. Ce n'est pas possible. La Chine traite avec nous. Nos lois, sont nos lois. Nous sommes maîtres chez nous. Nous acceptons ce qui nous arrange et nous refusons ce qui ne nous intéresse pas. Comment la Chine peut coloniser l'Afrique ? Alors là, vous savez, les Chefs d'Etats africains qui ont le malheur de traiter avec la Chine et surtout de signer des accords d'une certaine ampleur, tout de suite on se déchaîne contre eux. On s'est déchaîné contre le Président Bongo, contre Denis Sassou Nguessou parce que d'importants accords ont été signés entre ces deux Chefs d'Etats avec la Chine. C'était pour développer leurs pays. On s'est déchaîné sur Bongo : « Il a des immeubles par-ci, il a des appartements par-là ». Je connais des ministres de rien du tout qui ont des appartements à l'avenue Roche etc. On n'en parle pas. Mais on s'est déchaîné après ses deux Chefs d'Etats. C'est une vraie entreprise de déstabilisation parce qu'ils ont signé des accords avec la Chine. Le Président Bongo, les mines de Bélinga et le Président Sassou Nguesso, le pétrole, le bois etc. Les « associations » entre guillemet t'attaquent et trouvent que tu es corrompt, tu es ceci ou cela, tu détourne des fonds etc. Mais avant, leurs amis ne détournent pas ? Le Président Bongo possédait ces immeubles avant. Pourquoi, ils se sont tus. Ce n'est pas sérieux. Ils sont contre les accords Brazza-Pékin et Libreville-Pékin. Les Africains doivent cesser d'être des naïfs, des imbéciles. On cherche par tous les moyens à nous déstabiliser parce qu'on traite avec la Chine. Vous avez vu l'histoire Tibétaine pour boycotter les jeux Olympiques. Qu'est ce qu'ils n'ont pas fait ? Les associations, les athlètes... pour saboter les jeux olympiques. Mais vous avez vu comment ça s'est passé. Moi je suis Africain et allié de la Chine. L'Afrique passe avant tout. C'est nous qui sommes maîtres de nos pays, c'est nous qui y avons élaboré nos lois, la Chine doit s'y conformer et elle le fera. Il n'est pas question qu'on se laisse colonisé.

Si je comprends bien, l'Afrique doit s'allier à la Chine pour participer au concert des Nations ?
Comme vous, je suis africain. Où est ce que l'Afrique pourra trouver ses intérêts ? C'est ça qui m'intéresse. Je ne suis pas un antioccidental. Il y a des occidentaux qui sont nos amis. Mais je ne veux plus de ces tiers mondistes et de ces quarts mondistes qui ne sont que des néo colonisateurs. L'Afrique avec l'Asie, oui, mais d'égal à égal. Comme le disent eux mêmes, «avantages mutuels ». Les dirigeants chinois actuels ne demandent qu'à travailler correctement avec nous. Dire que la Chine va nous coloniser, c'est ridicule. Nous traitons avec l'Asie sur la base de nos intérêts mutuels. Nous traitons avec l'Occident sur la base de nos intérêts mutuels. Mais nous refusons les dictats des institutions qui quand elles nous donnent vingt francs, jettent trois pères de familles dans la rue. Ces pères de familles ont chacun huit à dix personnes à nourrir. D'où vient la pauvreté ? Il faut que nos Etats africains prennent en main l'industrialisation de l'Afrique pas le privé. Ils n'ont pas la force et ne peuvent pas. C'est un piège. Ça fait plaisir à l'oreille. C'est le privé, le privé etc. Ils sont contents. Mais qu'est ce qu'ils peuvent faire ? Ils n'ont pas cette capacité. Il y a des privés asiatiques en Malaisie, à Singapour qui ne demandent qu'à s'associer avec le privé africain. Dans ces conditions oui, pourquoi pas. Mais, il faut éliminer cette espèce de poison qu'on essaie d'imposer aux Africains : « La Chine, l'Asie veulent coloniser l'Afrique ». Non ! Nous ne sommes plus colonisables. Nous ne serons colonisables que quand nous-mêmes nous accepterons de l'être.

A vous entendre parler, on a l'impression que vous regrettez quelque chose. C'est quoi en réalité ?
Je disais à un ami, nous avons franchi la barre des quatre vingt ans. Voir ce que nous voyons aujourd'hui, c'est-à-dire la déliquescence de l'Afrique actuelle, nous aurions dû partir avec les autres. Ne pas assister impuissants à la dégringolade de l'Afrique. Des Chefs d'Etats obscurantistes et analphabètes. Des Chefs d'Etats qui pillent. Des Chefs d'Etats qui ne se soucient aucunement des intérêts de leurs pays. J'ai lui ai aussi dit : Pourquoi la démocratie en Afrique engendre facilement l'autocratie. Quelque chose que nous ne comprenons pas. Il m'a dit « oui, on va y réfléchir ». Regardez la situation en Mauritanie. Un homme a été démocratiquement élu, nous avons tous applaudit. Et voir le comportement que cet homme a eu vis-à-vis de son peuple. Je me suis dit c'est quoi ? C'est une malédiction ou quoi ? Comment peut-on relever de leurs fonctions tous les Chefs militaires ? Mais c'est un acte suicidaire. Je ne comprends plus. Sur quoi il s'est basé pour faire ça ? Dieu seul le sait. Nous, nous sommes en vie, mais nous souffrons beaucoup de voir certains faits, de voir l'Afrique se perdre, de voir les jeunes braver l'Océan Atlantique pour partir en Europe, de voir les jeunes s'adonner à la drogue en masse, de voir certains Chefs d'Etats africains devenir des points centraux de certains distributeurs de la drogue. Devant tout ce que nous voyons, on aurait mieux fait peut être de partir. Mais nous avons un devoir, c'est de dire ce que nous voyons. Et d'avoir le courage de dénoncer les maladresses, les distorsions et d'en assumer les conséquences. On ne peut pas se taire. Ce serait la trahison. On doit parler qu'on nous écoute ou qu'on ne nous écoute pas, ce n'est pas notre problème. Nous devons parler. Nous devons rester fidèles à ceux qui sont partis. Notre devoir aujourd'hui est la fidélité à ceux qui sont partis et la fidélité à une Afrique unie. L'Afrique de la dignité et de l'honneur. L'Afrique qui sait compter sur elle-même, l'Afrique qui n'est pas un continent couché, un peuple qui n'est pas couché, un peuple qui ne passe pas son temps à tendre la main aux autres, mais un peuple qui veut être acteur aussi et non spectateur.

Qu'est ce que vous avez à dire au peuple africain ?
Moi, je fais confiance au peuple africain. Je fais confiance à la jeunesse malgré tout. Personne ne pouvait imaginer l'émergence d'un Sankara. Je suis sur que l'Afrique ne restera pas dans l'Etat que nous déplorons aujourd'hui.

Propos recueillis par Cheikh Talibouya AÏDARA


# Posted on Tuesday, 11 November 2008 at 4:15 PM

TRANSPORT AERIEN

TRANSPORT AERIEN
POUR LA SECURITE DU CIEL AFRICAIN

(APS) - Les directeurs des centres OACI (Organisation de l'aviation civile internationale) de formation à la sûreté de l'aviation se réunissent depuis mardi matin à Dakar, au siège de l'Agence pour la sécurité de la navigation en Afrique et à Madagascar (Asecna).

Cette 6e rencontre, la première sur le continent africain, abordera, entre autres sujets, la formation en matière d'aviation civile selon les standards internationaux en vigueur.

Il s'agit de ''s'adapter aux meilleurs standards internationaux en matière d'aviation civile'', a indiqué à l'ouverture des travaux, Thierno Mademba Gaye, directeur de cabinet du ministre des Transports aériens du Sénégal.

La rencontre de Dakar est d'une ''importance capitale'', précise M. Guèye qui a souligné ''l'honneur'' qu'a fait la communauté aéronautique internationale au Sénégal pour ''abriter'' cette 6e réunion annuelle, ''la première à être organisée en Afrique''.

Selon lui, ''cette belle initiative vient conforter le président de la République du Sénégal dans ses actions'', en faisant du ''secteur des transports aériens un des principaux leviers de développement de notre pays''.

En guise d'illustration, M. Gaye a indiqué les ''réalisations opérées ces dernières années'' sur la plate-forme aéroportuaire de l'aéroport de Dakar. ''La sécurité de l'aviation (...) constitue un des maillons essentiels de la chaîne de sécurité dans notre secteur d'activité'', a insisté l'officiel sénégalais.

''La riposte contre les actes d'intervention illicite passe par la formation de cadres compétentes et motivés'', a-t-il rappelé.

''Les programmes et méthodes de formation doivent être coordonnés et régulièrement adaptés, afin de permettre aux centres de formation de produire des enseignements de qualité en respect des dispositions pertinentes de l'annexe 17 de la Convention de Chicago'', a-t-il ajouté.

La Convention relative à l'aviation internationale civile, connue aussi sous le nom de Convention de Chicago, a instauré l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), une agence spécialisée des Nations unies chargée de la coordination et la régularisation du transport aérien international.

La convention établit les règles de l'air, règles pour l'immatriculation des aéronefs, la sécurité, et précise les droits et devoirs des pays signataires en matière de droit aérien relatif au transport international.

''Le Sénégal, Etat contractant de la convention de Chicago ne ménagera aucun effort en matière de sûreté de l'aviation et appuie totalement l'initiative de l'OACI d'organiser annuellement'' des rencontres comme celle de Dakar, a dit M. Gaye.

Pour sa part, le directeur général de l'Asecna, Youssouf Mahamat, a déclaré que ''l'Ecole régionale de navigation aérienne et de management (...) témoigne à suffisance de l'engagement et de l'intérêt de l'Asecna quant à la problématique de la formation, notamment dans le domaine de la sûreté, maillon important dans la chaîne de sécurité de l'aviation civile''.

Au sujet des relations entre le Sénégal et l'Asecna, Thierno Mademba Gaye a indiqué le Sénégal va instaurer une ''image plus sereine'' dans ses rapports avec la structure. Pour M. Mahamat, les relations entre le Sénégal et l'Asecna sont appelées à ''s'améliorer davantage''.

La sixième réunion annuelle des directeurs des centres OACI de formation en sûreté de l'aviation civile prend fin mercredi.

L'Organisation de l'aviation civile internationale (ou OACI, en anglais) est une organisation internationale qui dépend des Nations unies. Son rôle est de participer à l'élaboration des normes qui permettent la standardisation du transport aéronautique international (les vols à l'intérieur d'un même pays ne sont pas concernés par l'OACI). Son siège social est situé à Montréal, au Québec.
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# Posted on Tuesday, 21 October 2008 at 8:33 AM