GAMBIE

GAMBIE

Un journaliste devant le Tribunal de première instance

Pape Saine, le rédacteur du journal The Point était hier devant le tribunal de Première instance en Gambie. Il est accusé d'avoir divulgué une information sur l'arrestation d'un diplomate gambien.

Les relations entre le pouvoir et les journalistes restent toujours tendues en Gambie. Le rédacteur du journal The Point était hier devant le Tribunal de Première Instance. Cette comparaison devant le tribunal fait suite à la publication d'un article dans The Point, un journal basé à
Banjul. D'après un communiqué de la Fondation pour les Médias en Afrique de l'Ouest (Mfwa) parvenu à la rédaction, « Pap Saine, le rédacteur et coéditeur du journal, et Modou Sanyang, reporter principal, ont été arrêtés le 2 février 2009 par des agents de la Police gambienne et détenus dans les locaux de la cellule chargée des crimes graves du Quartier Général de la Police à Banjul, la capitale ». Toujours selon le communiqué « Sanyang a été mis en garde avant d'être libéré. Toutefois, Saine, qui n'est pas en bonne santé, a été détenu jusqu'à environ 23H00 temps universel et inculpé de « publication et de diffusion de fausses informations ». Il a nié l'inculpation. » Quant à Pap Saine, il a été hier devant le Tribunal. Les sources de la Fondation pour les Médias en Afrique de l'Ouest ont affirmé que l'arrestation et la détention consécutive du rédacteur sont liées à un article paru dans son journal le 30 janvier 2009. L'article s'intitulé, « Diplomate gambien arrêté conduit à Miles2 ». Il a rapporté que « l'attaché financier de l'Ambassade gambienne aux Etats-Unis d'Amérique, Lamini Sabi Sanyang, qui avait prétendument été arrêté peu après son arrivée
en Gambie, a maintenant été transféré du Quartier-Général de la Police à la prison de Mile 2 ». La Police aurait insisté que Saine divulgue la source de son article. « Quand il a refusé, l'inculpation a été portée contre lui avant qu'il ne soit détenu. Toutefois, le gouvernement gambien n'a fait publier aucune réfutation de l'article » informe le communiqué. Faut-il rappeler que depuis quelques années, il y a un vrai bras de fer entre l'Etat et les journalistes. Les conséquences sont nombreuses pour nos confrères de la Gambie. Ils sont obligés de suivre la ligne tracée par le pouvoir ou quitter le pays. C'est le cas de beaucoup de reporters. Certains sont en Afrique, d'autres ont franchis les frontières du Sénégal. La mainmise sur la presse a commencé par l'achat de Daily Observer qui appartenait à un journaliste d'origine libérienne. La perte a été lourde pour nos confrères. Le pionnier de la presse gambienne est même tombé sous les bales des inconnus.

Cheikh Talibouya AÏDARA
Publié dans Le Matin du 04 février 2009

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# Posted on Wednesday, 04 February 2009 at 4:20 PM

CRISE ECONOMIQUE MONDIALE

CRISE ECONOMIQUE MONDIALE
La Chine, avocat des pauvres à Davos

« Un nouvel ordre économique mondial » pour venir à bout de la crise. C'est le souhait formulé par la Chine au Forum économique mondial de Davos en Suisse.

Les dirigeants des grands pays du monde sont en conclave à Davos en Suisse. Les débats ont tablé sur la crise économique et financière qui secoue le monde. Face à une situation qu'ils ne maîtrisent plus, la Chine a plaidé pour « un nouvel ordre économique mondiale ». Est-ce possible ? « Nous devons non seulement prendre des mesures efficaces pour surmonter les difficultés actuelles mais agir pour l'établissement d'un nouvel ordre économique mondial qui soit juste, équitable, solide et stable». C'est l'appel lancé par le Premier ministre chinois Wen Jiabao. Il a aussi demandé aux pays riches d'"assumer leurs responsabilités". Comment ? En aidant les pays pauvres face à la crise. Pour y parvenir, il a plaidé pour une réforme des grandes institutions financières internationales. A l'en croire « les pays en voie de développement doivent avoir davantage de poids dans les institutions financières internationales. Nous devons faire évoluer le système monétaire international vers une plus grande diversification ». Pour illustrer ses propos, il a fait référence à la domination actuelle du dollar dans les échanges internationaux. Ce 39e Forum de Davos qui a démarré mercredi dans les Alpes suisses est marquée par la crise économique. Chaque « Grand » est venu avec son plan de sauvetage. Est-ce le bon? Pas encore de réponse. Mais, ils ont tous égrené des chapelets de promesses. L'élite mondiale a promis de plancher sur une « convalescence mondiale ». L'édition de 2009 s'annonce "historique" en raison de son nombre "record" de participants. Au total, quelque 2.500 décideurs mondiaux sont attendus dans la station de ski, dont une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement. Les organisateurs du Forum économique mondial (WEF) ambitionnent pendant cinq jours de « redessiner le monde de l'après-crise ». Après deux jours d'échanges, il semblerait que ces dirigeants ont perdu sans le dire le contrôle de la situation. « L'optimisme est une denrée rare cette année à Davos » s'est permis un envoyé spécial du Nouvel Observateur. D'après le président et chef de la direction du géant médiatique News Corp, « les gens sont déprimés et traumatisés ». Il soutient que 50 000 milliards $ US de patrimoine individuel ont disparu depuis l'amplification de la crise. Pour le financier milliardaire, George Soros « le problème auquel nous sommes confrontés est plus grave que pendant les années 1930 ». Faut-il préciser que cette débâcle financière se fait sentir jusqu'à Davos. En effet, la banque américaine Goldman Sachs a annulé cette année sa somptueuse réception - pourtant l'une des plus courues des dernières années. Dans le but sans doute d'adoucir son image d'extravagance, le Forum ne remet plus à ses quelque 2500 invités des assistants numériques personnels ou du chocolat suisse de première qualité. On comprend aisément cette relative austérité. Selon le Fonds monétaire international, la croissance mondiale se limitera à 0,5% cette année, soit le rythme le plus faible depuis la Deuxième Guerre mondiale. Les experts réunis à la session d'ouverture du Forum ont estimé que les nombreux plans de relance économique mis en place par les pays développés ne suffiraient pas à sortir le monde de la crise actuelle. Craignant les mauvais effets de la mondialisation, ils ont prôné une meilleure coordination des gouvernements en matière de fiscalité et appelé les organisations multilatérales comme le G20 à jouer un rôle plus important.

Cheikh Talibouya AÏDARA
Publié dans le Matin du 30 janvier 2009
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# Posted on Wednesday, 04 February 2009 at 4:18 PM

Le plomb tue à Thiaroye

Le plomb tue à Thiaroye
Des entreprises indiennes financent une « industrie de la mort »

L'activité informelle d'exploitation de batteries automobiles usagées et de tamisage du sol pour la récupération de l'oxyde de plomb débuta, timidement en 1982, à Ngagne Diaw, un quartier niché dans Thiaroye sur Mer. Elle est partie, dit Macoumba Diop - un des représentants des populations de ce quartier lébou à l'atelier de partage sur le projet de dépollution du sol et de désintoxication des personnes contaminées par le plomb à Thiaroye, qui s'est tenu aujourd'hui à Dakar - de Nouadhibou (en Mauritanie) avant de descendre sur Saint-Louis pour se retrouver à Dakar. Son développement est favorisé par la pauvreté des habitants de Ngagne Diaw qui ne vivaient que de pêche et d'activités horticoles. Mais pour survivre à la crise du secteur de la pêche et aux conséquences de la pression foncière réduisant sensiblement le terrain d'activités agriculturales, ils ont trouvé exutoire à leurs peines. La solution était tout de suite trouvée dans le recyclage des batteries automobiles usagées et la vente du plomb. Quarante et une personnes à l'origine s'adonnaient à ce type d'activité financée par des tiers qui en tiraient le plus grand bénéfice. Avant que notamment en 1995, le travail d'extraction de plomb ne connaisse un coup de fouet dans la zone de Thiaroye sur Mer.


Entre les mois de décembre 2007 et février 2008, dix-huit (18) décès d'enfants âgés entre 0 et 6 ans ont été enregistrés dans la communauté de Ngagne Diaw. Selon le rapport introductif du ministère de l'Environnement, « les investigations menées entre mars 2008 et juin 2008 par des experts nationaux et internationaux, notamment ceux de l'Organisation mondiale de la Santé et de Blacksmith Institute, ont montré que la cause de ces décès est due à une contamination du quartier par le plomb ». Ces mêmes études ont révélé, d'une part, des niveaux de concentration de plomb dans le sol compris entre 20.000 et 200.000 ppm, voire à l'intérieur des habitations ( la norme d'habitation en France est de 400 ppm), et d'autre part, des plombémies dans le sang dépassant 700 micro-grammes/litre chez 68 % des enfants dépistés. Toutefois, a indiqué Pr Diouf du centre Anti-Poison de Dakar, « il est encore difficile de connaître la concentration de plomb dans le sol en profondeur et en latitude ».

Pour réduire le niveau d'exposition des populations, le ministère chargé de l'Environnement, avec le concours du ministère de la Santé, a procédé en mars 2008 à la collecte et à la sécurisation de 297 tonnes de déchets souillés au plomb, relève-t-on dans le rapport. Il reste que des mesures urgentes doivent être prises comme la délocalisation des populations, le temps de décontaminer la zone. Sur ce point, l'opposition des habitants de Ngagne Diaw est manifeste. Par la voix de leur représentant, Mademba Diaw, ils ont dit sur un ton ferme qu'ils ne comptent pas évacuer les lieux infestés. Selon eux - cette position a été partagée avec les participants à l'atelier qui s'est ouvert ce matin dans un hôtel de la place -, le dépistage et la décontamination peuvent être faits sans qu'on ait recours à une mesure de délocalisation.

Petit à petit, les représentants des populations du quartier sinistré de Ngagne Diaw se sont joints à l'idée d'un déménagement progressif mais entendent la soumettre à leurs mandats avant qu'une solution finale ne soit adoptée. Cela dit, le ministre de l'Environnement et de la Protection de la Nature, des Bassins de rétention et des Lacs artificiels a cru devoir associer les populations à la réflexion pour les extraire des risques de contamination au plomb. Ainsi, Djibo Leyti Kâ a donné instruction et demandé à MM Diop et Diaw de faire partie du comité interministériel sur la question.

Une étude conduite par les services du ministère en charge de l'Environnement indique qu'un budget estimatif de près de 7 milliards est nécessaire pour le règlement du problème de santé majeur à Thiaroye sur Mer qui avait même jeté le froid sur les énergies des organisateurs du dernier sommet de l'Oci à Dakar. Quand, notamment, des rumeurs commençaient à circuler sur des cas de choléra signalés dans la lointaine banlieue de Dakar, alors que c'est le taux de plombémie dans le sang trop élevé chez certains enfants qui se manifestait ainsi.

La Coopération française entend manifester son soutien au Sénégal, à condition que les remèdes soient étendus à toutes les zones touchées du pays. La même approche de l'aide a été défendue par le Fonds mondial de l'Environnement qui a déjà dégagé une enveloppe d'un million de dollars.

Des contraintes se dressent toutefois devant l'application des mesures de prévention et curatives, puisque, apprend-t-on, des sociétés indiennes ont obtenu des licences leur permettant d'acheter le plomb au Sénégal et de le recycler pour d'autres usages. La tendance à l'export des pépites de plomb sous leur forme insoluble favorise dans nos murs l'expansion, en quelque sorte, d'une certaine industrie de la mort.

Abdourahmane SY

Ferloo.com
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# Posted on Tuesday, 20 January 2009 at 2:49 PM

GUINEE BISSAU

GUINEE BISSAU

Nino Vieira échappe encore à un putsch

Insécurité au sud du Sénégal avec le putsch manqué en Guinée-Bissau dans la nuit de samedi 22 à dimanche 23 novembre. Joint par téléphone, le responsable de presse du Chef de l'Etat, Bernabé a rendu d'abord grâce à Dieu avant d'informer que la situation est revenue à la normale.

Le Président Joao Bernardo Vieira a déjoué un coup d'Etat hier à Bissau. Les tirs à l'arme lourde et à l'arme légère ont commencé à retentir autour de sa résidence en pleine nuit. La tentative des soldats s'est soldée par un échec et cinq hommes ont été fait prisonniers. D'après le responsable de presse du Président Vieira, Bernabé, « la situation est maîtrisée ». Joint par téléphone, il a d'abord rendu grâce à Dieu avant de nous informer que « le Président n'est plus en danger. Le calme est revenu dans toute la capitale. Mais, il y a eu un blessé dans les rangs de la garde rapprochée.» Toujours selon notre interlocuteur, « les responsables diplomatiques accrédités à Bissau sont venus apporter leur soutien au Président. Ce soir, il y aura une grande manifestation de soutien au Président. Elle sera organisée par la population de Bissau et des ONG. »
A la question de savoir « si le pays d'Amilcar Cabral ne va pas renouer avec l'insécurité ? », Monsieur Bernabé rassure. Mais, force est de reconnaître qu'avec ces deux putschs manqués en moins de quatre mois, la Guinée-Bissau risque de revoir le retour de ses vieux démons. En effet, ce coup d'état intervient une semaine après les élections législatives.

Barrer la route à Carlos Gomes
Un scrutin qui a vu le Parti Africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (Paigc) remporté avec une large majorité. Si cette victoire du Paigc est bien accueillie par les populations, ce n'est pas le cas dans la hiérarchie militaire. D'après une source basée à Bissau, « les officiers ne veulent pas de la victoire du Paigc parce qu'elle fera de Carlos Gomes Junior, Premier ministre ». Homme d'affaire, ancien Premier ministre et actuel tête de file du Paigc, Carlos Gomes Junior a toutes les chances pour devenir Président de la République de son pays car le peuple est derrière lui. Interpellé, il soutient que sa préoccupation pour l'instant n'est pas d'être Président de la République, mais plutôt de « récupérer la bonne image » que son pays a perdue et de « redonner à l'économie » de son pays sa raison d'être. Il avait fait cette déclaration avant les élections législatives. Aujourd'hui, que le Paigc est revenu avec force, l'armée qui est accusée être complice des narcotrafiquants, par la communauté internationale ne se sent plus en sécurité. L'unique solution pour ces officiers proches de Coumba Yalla est de renverser le pouvoir afin d'anuler ces élections. Faut-il aussi rappeler que la situation reste tendue à Bissau depuis la dissolution du parlement par le Président de la République Nino Vieira en août 2008 alors que les élections législatives étaient prévues pour le 16 novembre 2008. C'est à travers un décret rendu public le mardi 5 août qu'il a dissout le Parlement. Les raisons ? « Un besoin de mettre un terme à la grave crise politique » informent certaines sources. Pour d'autres c'était une occasion pour Nino Vieira de faire le ménage dans le gouvernement. En effet, la communauté internationale avait exigé de la Guinée-Bissau un engagement total dans la lutte contre le trafic de drogue. Si le Chef de l'Exécutif bissau-guinéen ne manque pas de volonté, cependant, ce n'est pas le cas chez quelques ministres. Ce qui fait dire à notre source que « limoger des ministres permettrait au Président de mettre des personnes de confiance à leur place ». Aussi, la nomination d'un gouvernement temporaire de son choix, avait permis au Président Vieira de renforcer son autorité. Malgré une volonté manifeste, Nino Vieira peine toujours à mettre en marche sa politique de développement. Faute d'un manque d'homme de confiance et de représentativité au niveau du parlement. Ce qui avait fait que trois Premiers ministres s'étaient déjà succédés à la tête du Gouvernement sans apporter un changement. Cette dissolution du parlement faisait suite à la décision de la Cour suprême d'abroger le projet de loi portant prolongation du mandat des députés.

Cheikh Talibouya AÏDARA
Paru dans Le Matin du 24/11/08

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# Posted on Friday, 16 January 2009 at 9:22 AM

POUR FAIRE DU LOBBYING

POUR FAIRE DU LOBBYING
Les gays africains se donnent rendez-vous à Dakar

Dakar abrite depuis hier la Conférence internationale sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles en Afrique (Icasa). Une occasion pour les différentes organisations, notamment des gays, de faire du lobbying dans la capitale sénégalaise.

10h au Méridien President. On se croirait dans une cérémonie religieuse. Tous les espaces libres que comptent cette structure sont occupés. Ils sont partagés entre des pavillons qui abritent des salles d'expositions, de projections, de conférence, d'inscriptions, de restaurants etc. On a l'impression que tout Dakar s'est donné rendez-vous dans cette zone résidentielle. Noirs, Blancs, Jaunes, Rouges, Métis. Tout le monde a répondu à l'appel d'Icasa. Certains, après des heures d'attente sans obtenir leurs badges, ont préféré investir la pelouse du Méridien. Assis à même le sol, la fatigue se lisait dans leurs yeux. En résumé, c'est la grande mobilisation de la grande riposte. L'objectif est de voir ensemble comment lutter contre le sida. Mais, elle doit se faire en synergie. C'est ce qui justifie une forte presence des organisations des homosexuels, des personnes vivant avec le Vih/Sida, des structures des Nations Unies (Onusida, Unesco, Unicef, Oms...), de l'Agence japonaise pour la coopération internationale (Jica), de l'organisation privé suisse Vestergaard etc. Devant les stands des différentes organisations, les slogans se rivalisent. Entre autres, on peut lire : "Les communautés africaines au premier plan", "Courage et Espoir", "Agir Ensemble", etc. C'est une vraie démonstration de force. Les homosexuels africains ont saisi l'occasion pour faire un lobbying. Si s'afficher au Sénégal comme un gay est un danger, ce n'est pas le cas depuis hier au Méridien car ils ont leurs stands. Ils font un vrai travail de lobbying. Ceux qui auront l'occasion de visiter le pavillon qui abrite les exposants seront temoins.

Vestergaard et sa stratégie de dépistage

A l'entrée, vous êtes accueillis par l'Agence japonaise pour la cooperation internationale (Jica). Après la Jica, bifurquez à gauche, vous avez Vestergaard. C'est une structure privée Suisse qui travaille dans la fabrication des moustiquaires. Elle accompagne aussi les Etats dans leurs politiques de lutte contre le sida. C'était le cas au Kenya. Dans ce pays, la structure avait lancé une campagne de dépistage volontaire des populations en septembre 2008. D'après Sanne Fournier-Wendes, specialiste de l'aide publique, "à travers cette campagne, le résultat recherché est de faire venir 80% de la cible qui est entre 15 et 49 ans de se faire dépister. Nous avons même dépassé nos attentes car nous avons atteint 80,2%". Plus de cinquante mille personnes ont été dépistées en un seul jour. Pour motiver les populations, Vestergaard leur donne des sacs contenant un moustiquaire, un filtre d'eau et des préservatifs. C'était un grand succès. Après trois stands, vous avez celui d'Africagay. C'est l'association des homosexuels d'Afrique. Sur place, il n'y a personne. Mais, des pin's, des cartes de visite et de la documentation sont disponibles. "Ils sont parties à une réunion dans un hôtel de la place pour préparer leur stratégie de lobbying", nous informe la responsable de presse de AIDES, Marjolaine Benard. AIDES a une forte présence de ses partenaires à cette rencontre de Dakar. Il y a plus de cinquante representants d'associations du Réseau Afrique 2000, d'Afrique centrale, d'Amedis etc. Dans cette mouvance, elle organise un symposium Africagay demain."Prévention du Vih/Sida chez les homosexuels et autres Msm en Afrique francophone : expérience Africagay", tel est le thème dudit symposium. Après la parenthèse de AIDES et Africagay, cap chez Iglhrc.

La parole aux personnes vivant avec le Sida

Cette structure regroupe dans son stand des homosexuels venus de tous les coins de l'Afrique. Charles Gueboguo est un sociologue camerounais qui a publié un livre sur la vie des homosexuels dans son pays. Il échange ce livre contre 12.000fcfa. Son travail de recherche a duré quatre ans (1998-2002). La cible est comprise entre 14 et 25 ans. Interpellé sur sa motivation, il déclare : "Je ne parle pas de ma vie. C'est de la sociologie. L'homosexualité, il faut en parler". A la question de savoir s'il est gay, il réplique : "Je ne parle de ma vie privé". N'empêche, il y aura une réponse, mais qui ne viendra pas lui, mais d'un homosexuel. "Je peux répondre à sa place. C'est parce qu'il a des amis homosexuels", révéle ce grand et robuste ivoirien qui a refusé de décliner son identité. Pour Charles Gueboguo, "ce livre permet de lever certains préjugés qui veulent que l'homosexualié en Afrique soit uniquement pratiquée par des adeptes des cercles ésotériques ou des blancs". En ce qui concerne la presse sénégalaise, le sociologue la voit comme étant "une presse homophobe". C'est-à-dire contre l'homosexualité. Ailleurs, mais toujours au Méridien Président, une projection de la Banque mondiale sur les enseignants kenyans vivant avec le Vih/Sida regroupe une immense foule. La salle des délégations était pleine comme un œuf. "Courage et Espoir", ainsi s'intitule ce long métrage. Produit par Alice Woolnough, Lesley Drake et Donald Bundy, il relate l'histoire remarquable de quatre enseignants qui vivent avec le Vih/Sida. Le film propose une plongée dans la vie de ces enseignants qui font preuve d'un immense courage. Ils racontent comment, ils ont découvert leur séropositivité et les conséquences sur leur vie famiale. Ils ont comme noms, Beldina Atieno, Martin Mkong Ptoch, Jeminah Nindo et Margaret Wambete. Face à la maladie et à la stigmatisation, ils ont résisté et ont tenu à ne pas rater la rencontre de Dakar. Après la projection, ils se sont levés pour saluer le public. S'en sont suivi des acclamations. En attendant que les rideaux ne tombent sur Icasa 2008, le lobbying continue au Méridien Président.

Cheikh Talibouya AÏDARA
Paru dans Le Matin du 4 décembre 2008
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# Posted on Thursday, 15 January 2009 at 10:48 AM