Plusieurs fonds Afrique menacés par la tempête en 2009
L'année 2009 risque d'être dure pour l'Afrique. En effet, les récessions qui sont annoncées dans les grandes économies auront des répercussions directes avec la baisse voire la disparition de plusieurs fonds Afrique. En revanche, seuls les fonds islamiques semblent opérer une remontée spectaculaire.
Plusieurs fonds Afrique menacés par la tempête financière. L'annonce est faite par le journal de la finance africaine « Les Afriques » dans son n°63 paru hier. « En cette mi-février 2009, le fonds New Star dédié à l'Afrique, et qui présentait un projet prometteur, a annoncé sa faillite à la surprise générale » informe le journal. Situation qu'il justifie à la crise financière qui secoue le monde. En effet, les managers qui ont vu fondre plus de la moitié de la valeur liquidative du fonds sur une année « glissante » n'ont pas voulu prendre davantage de « risques ». Selon toujours Les Afriques « plus d'une douzaine de fonds sont actuellement dans la même situation, à la différence près qu'ils sont, eux, toujours en activité. Hormis les fonds investis dans l'or et les métaux précieux ou, accessoirement, dans les commodities, la plupart de ces structures présentent des niveaux de risques incitant à la prudence. En revanche, les fonds islamiques semblent opérer une remontée spectaculaire.»
Malgré le plan de sauvetage voté par-ci et par-là, la situation se complique toujours. D'après une enquête parue hier dans Reuters « l'étau de la récession se resserre au niveau mondial ». Les économistes interrogés par l'agence ont révélé que « les grandes économies mondiales sont confrontées à une aggravation de la récession plus marquée que ce qui était prévu il y a encore un mois ». Ils pronostiquent aussi une flambée du chômage malgré les baisses de taux sans précédent de l'an dernier et les plans de relance qui se sont multipliés ces dernières semaines. L'enquête, réalisée auprès de 250 économistes aux Etats-Unis, dans la zone euro, au Royaume-Uni et au Japon, montre aussi qu'ils attendent désormais une reprise plus poussive en 2010. Le premier trimestre de cette année devrait être le pire pour les Etats-Unis depuis l'entrée de ce pays en récession en décembre 2007. Les économistes interrogés tablent sur une contraction du PIB américain de 4,9% en rythme annualisé sur la période de janvier à mars, ce qui serait la plus mauvaise performance enregistrée depuis 1982. Lors d'une enquête similaire réalisée il y a un mois, le consensus des économistes était ressorti à -3,5% pour le PIB américain du trimestre en cours. Les experts estiment cependant que les plans présentés par le président Barack Obama finiront par donner un coup de fouet à l'industrie automobile et raviveront le marché immobilier. Ce qui ne les empêche pas de prédire un taux de chômage qui grimpera à 9,1% aux Etats-Unis, et touchera donc plus de 13 millions d'actifs, avant d'entamer la reprise. Le taux de chômage est actuellement de 7,2%, ce qui constitue déjà son niveau le plus élevé depuis 1992. Pour le deuxième trimestre, les économistes voient l'activité se contracter encore de 1,6% aux Etats-Unis, alors qu'ils tablaient il y a un mois sur un recul du PIB de 0,9%. Pour la zone euro, les économistes estiment que la Banque centrale européenne aura ramené son principal taux directeur à 1,5% à la fin du premier trimestre de cette année, et à 1,0% à la fin du deuxième. Le Japon, après avoir subi sur la période d'octobre à décembre sa pire contraction d'activité en rythme trimestriel depuis 35 ans (-3,3%), devrait voir son PIB reculer de 2,9% sur l'année budgétaire 2008-2009, avant une aggravation à -4,0% sur l'année 2009-2010 qui commencera en avril.
Cheikh Talibouya AÏDARA
Paru dans Le Matin du 20 février 2009

