Clin d'½il sur les vertus du lait local
« Mon lait, je l'aime local : produits et savoir-faire laitiers en Afrique de l'Ouest ». C'est le thème de l'exposition itinérante 2009 qui prend fin cette semaine dans le jardin de l'Institut Français Léopold Sédar Senghor de Dakar.
Faites un tour à l'Institut Français Léopold Sédar Senghor de Dakar, vous ne le regrettez pas. C'est tout le savoir-faire de nos pasteurs qui est exposé. Des zébus à l'abreuvoir, bouillie mil-lait caillé, fromage de Sédhiou, troupeau Ferlo, vendeuse de lait à Dakar, berger peul, bol de lait frais, tabouret de traite, calebasse, agitateur... Rien n'est laissé au hasard. L'objectif n'est autre que de montrer au public ce riche patrimoine économique, alimentaire et nutritif de l'Afrique. Le lait est source de nombreux produits et donne lieu à d'abondantes recettes culinaires en Afrique de l'Ouest. « On le consomme sous forme de lait frais, de lait caillé, de crème de beurre, d'huile de beurre, de boissons lactées, de bouillies, ou de couscous » informe le livret de l'exposition itinérante 2009. Avec ses 50 millions de têtes de bétail, l'Afrique de l'Ouest n'a pas besoin d'une production extérieure. Hélas ! Elle importe plus de 50% de la consommation laitière pour satisfaire la demande locale. Les raisons ? Manque de volonté politique et d'investisseurs de conviction. Le lait local est aussi victime d'une forte concurrence. D'après le guide l'exposition, « entre 1994 et 2004, les importations laitières en Afrique de l'Ouest ont triplé ». « Dans ce contexte, les cultures laitières sont-elles menacées ? Les nouvelles générations sauront-elles être sensibles au richesses nutritives du lait local ? Les entreprises laitières rurales sont-elles en mesure de valoriser le lait de collecte par des produits de qualité ? » Autant de questions qui inquiètent les professionnels et les instituts de recherche. « Mon lait, je l'aime local » vise, à travers des résultats de recherches récentes, à faire connaître la diversité des produits et des savoir-faire laitiers ouest-africains. L'exposition a vu la participation l'Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra), le Centre de coopération internationale en recherches agronomiques pour le développement (Cirad) et les Professionnels du développement solidaire (Gret). A ces derniers s'ajoutent, le Réseau de recherche et d'échanges sur les politiques laitières en Afrique de l'Ouest et Centre (Repol), la Fédération nationale des acteurs de la filière lait local au Sénégal (Fenafils) et l'Agence Imédia, Communication et multimédia. A travers cette exposition - où la parole a été donnée aux producteurs, aux artistes, aux sportifs – l'objectif recherché est de donner au lait local sa place d'antan. Comment ? En incitant les Africains à développer l'industrie locale. Des professionnels comme le Pdg de la Laiterie du Berger, Bagoré Bathily, le couple M. et Mme Fall, propriétaires de la laiteries « Le Fermier » et des anonymes ont apporté leurs touches à ladite vitrine. Ils ne sont pas seuls, il y a aussi les artistes comme Awadi, Mokobé ; le sportif, Gris-Bordeaux ; le mannequin, Ndeye Ndack et la journaliste, Juliette Ba.
Cheikh Talibouya AÏDARA
