GUINE, CÔTE D'IVOIRE ET GAMBIE

GUINE, CÔTE D’IVOIRE ET GAMBIE


Encore des journalistes brutalisés

La presse patauge en eau trouble en Gambie, en République de Guinée et en Côté d'Ivoire. La Mfwa tire la sonnette d'alarme avant qu'il ne soit trop tard.

Attention ! Médias fondation for West Africa (Mfwa) tire encore la sonnette d'alarme. En effet, la presse ouest africaine est en train de vivre un sal temps. Trois pays sont aujourd'hui à l'ordre du jour. Entre autres, la République de Guinée, la Gambie et la Côte d'Ivoire. Dans le pays de Moussa Dadis Camara, des soldats ont brutalisé deux journalistes, le 12 mars 2009. Il s'agit de Saa Momori Koundouno et Djigui, deux journalistes d'une radio privé. D'après la Mfwa « des soldats furieux des unités des bérets rouges du camp Alpha Yaya Diallo ont frappé Koundouno plusieurs fois avec des fouets de cheval et l'a donné un coup de pied avec leurs bottes. Koundouno couvrait un désaccord entre les soldats et le groupe de jeunes protestant la vente de leur terre récréationnelle par les autorités quand les soldats l'ont attaqué. » Et à Koundouno de déclarer : « Je classais mon rapport quand des soldats ont sauté sur moi avant de me dire que nous avons colporté de mauvaises ». Il a dit que les soldats ont confisqué son équipement de reportage, endommagé sa montre-bracelet et détruit son téléphone mobile. Son équipement plus tard lui a été retourné. Les soldats plus tard l'ont détenu dans leur fourgonnette pendant trois heures avant de le libérer. Après cette parenthèse de la République de Guinée, cap en Côte d'Ivoire. A en croire à Mfwa, « deux journalistes de Repère, un journal hebdomadaire seront le 24 mars 2009 devant la cour de magistrat de plateau à Abidjan pour répondre à une accusation criminelle d'insulter le chef d'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo ». Péhé et Nanankona Gnamantéh, respectivement éditeur en chef et journaliste, étaient le 19 mars, arrêtés et détenus par la gendarmerie nationale après un article paru dans Répère. Le travail porté sur un dossier de corruption dans lequel serait impliqué le Président Gbabgo. « Ali Baba et les 40 voleurs », ainsi s'intitule l'article. Par ailleurs, mais toujours en Afrique, un journaliste a humé l'air de la liberté. Il s'agit de Halifa Sallah, Directeur de publication du journal Foroyaa. Il a obtenu du Tribunal de Première Instance de Brikama, une liberté provisoire sans conditions après avoir passé environ deux semaines en détention policière pour trois charges criminelles. D'après les sources de la Médias Fondation « la libération de Sallah fait suite à une demande introduite par le Procureur de la République, M R. N. Chenge. Une façon de montrer la volonté de l'Etat de retirer toutes les charges portées contre Sallah dans l'intérêt de la paix et de la justice ». Toutefois, les sources ont affirmé qu'à l'audience, Cheng a introduit deux nouvelles charges pour en porter le nombre à cinq. Le Directeur de publication de Foroyaa Newspaper, a été arrêté chez lui le 8 mars et détenu durant trois jours avant d'obtenir une liberté provisoire sous caution « à des conditions sévères et absurdes ».

Cheikh Talibouya AÏDARA
Paru dans Le Matin du 23 mars 2009
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 23 mars 2009 08:52

Le parti au pouvoir battu aux locales du Sénégal

Le parti au pouvoir battu aux locales du Sénégal
Khali Abacar Sall, Benno Siggil Senegaal

« Me Wade a trois ans pour travailler »

« Si les tendances se poursuivent, on peut au minimum, donner 15 collectivités locales à Benno Siggil Senegaal. Une occasion pour remercier les habitants de Dakar et du Sénégal. Le peuple a montré que la décision finale lui revient. C'est un signal fort pour le Président de la République afin qu'il comprenne que le Sénégal n'est pas une dynastie. C'est un avertissement, il a trois ans pour travailler. Si j'étais à sa place je quitterai le pouvoir. C'est une leçon à la fois pour le pouvoir et l'opposition. Une fois encore, c'est l'union qui fait la force. »

Abdoulaye Baldé, Coalition Sopi 2009-03-23

« Nous tendons la main à tous les fils de la Casamance »

« Nous sommes très satisfait des résultats. Nous avons obtenu de très bons résultats. Je profite de l'occasion pour féliciter mes adversaires que ça soit Robert Sagna, Shamsidine Sow ou Ousmane Sow Huchard. Nous tendons la main à tous les dignes fils de la Casamance. L'ensemble des fils de la Casamance va se mettre à nos côtés pour travailler ensemble. »

Me El Hadj Amadou Sall, Porte parole du Chef de l'Etat

« Les maires sont les premiers sanctionnés »

« D'abord je veux en premier lieu rappeler que le Président de la République n'a pas pris la décision de suspension des radios. Il l'a appris au même niveau que tout le monde. C'est lui qui a ordonné la suspension des poursuites. Aujourd'hui, nous avons fait des élections qui se sont très bien passées dans la plus grande transparence. Ce fichier est fiable et c'est ce même fichier qui était là pour l'élection présidentielle de 2007. Le Président a reconnu que le Pds a connu des soubresauts dus aux investitures. Nous ne savons pas au moment où je parle comment ça va se terminer parce que ce sont des tendances. Mais on peut analyser les tendances en disant que l'opposition est en train de gagner dans certaines localités. Ce fait électoral n'a pas une signification nationale, mais locale et régionale. Les premiers sanctionnés, ce sont les maires. C'est la première fois dans l'histoire du Sénégal qu'il y ait autant de coalitions. »

Ismaïl Madior Fall, Constitutionnaliste

« Tout s'est passé sans violence »

« Un pas a été franchi dans le processus de démocratisation du Sénégal. Tout s'est passé sans violence. Je suis impressionné par le nombre important de bulletins dans les bureaux. Il y a un paradigme qui est tombé. C'est-à-dire que ce n'est pas l'argent qui fait les élections. C'est un aspect positif qu'il faut constater. Mais, il est noté un faible taux de participation au niveau national. J'ai l'impression que la dynamique unitaire a beaucoup joué. La Coalition Sopi a perdu non pas parce qu'elle n'est pas forte, mais elle n'est pas unie. »

Cheikh Bamba Dieye, la coalition Bennoo Siggil Senegaal

« La Coalition Sopi n'a gagné aucun bureau à Saint-Louis »

« Je pense qu'il y a une grande leçon. Saint Louis a confirmé la tendance. La Coalition Sopi n'a gagné aucun bureau à Saint-Louis. Le peuple a décidé de retirer le pouvoir de la main du Pds pour gérer le pays. Le Président de la République doit lire ce message et savoir que le Sénégal qui lui avait tout donné et décider de lui reprendre tout. »

Chérif Elwalid Seye, journaliste

« Ça nous réconcilie avec notre démocratie »

« Les résultats tel que nous les avons entendu, nous réconcilient avec les résultats dans notre pays. En démocratie aujourd'hui, les élections ne se gagnent pas au 1er tour. Le boycott des législatives nous a privé le second tour de l'élection présidentielle. C'est avec ces locales que nous avons notre second tour de 2007. Ça nous réconcilie avec notre démocratie. Le Sénégal a repris sa place de pays démocratique. Ces résultats dépassent absolument les élections locales. C'est Wade en personne qui a perdu après avoir fait une campagne. Il a fait le tour du Sénégal. Il faudrait en tirer les conséquences vis-à-vis de ceux qui sont battus. Quand on est battu, on doit en tirer les conséquences. Si on doit être fidèle à la logique, c'est tout un Gouvernement qui doit partir. »

Macky Sall, la coalition Bennoo Siggil Sénegal

« Le Président Wade doit tirer les conséquences et partir »

« C'est une politique d'arrogance. Le Président et sa coalition ont été battus qu'on ferme les radios ou pas. Les Sénégalais sont fatigués et veulent prendre leur destin en main. Nous sommes une République, nous n'accepterons pas qu'on nous impose des hommes. Ce choix est un avant goût. Des centaines de millions de Fcfa ont été dépensés. Le dernier mot revient aux populations. Elles n'ont plus à attendre du Pds qui est devenu minoritaire. C'est un rejet systématique des populations. Le Président Wade doit tirer les conséquences et partir. »

Moustapha Niasse, la coalition Bennoo Siggil Senegaal

« Me Wade doit dissoudre l'Assemblée et le Sénat »

« Vous savez, le résultat traduit le ras de bol des Sénégalais et la volonté de partir vers le changement. Si Abdoulaye Wade a de la vergogne, il doit dissoudre l'Assemblée et le Sénat. Abdoulaye Wade ne peut pas continuer de tromper tout le monde et tout le temps. »

Ameth Fall Braya, Saint-Louis

« C'est le parti qui est sanctionné »

« En tout cas, je sais que c'est le parti qui est sanctionné. Peut être que c'est du au comportement des leaders du Pds à Saint-Louis. »

Cheikh Talibouya AÏDARA



[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 23 mars 2009 08:38

AICHA KONE, ARTISTE IVOIRIENNE

AICHA KONE, ARTISTE IVOIRIENNE


"Je veux bientôt me retirer de la musique"

Il est 11h devant la chambre 461 du Méridien Président. A l'intérieur, la star africaine Aïcha Koné attend le reporter. Drapée sous sa couverture, elle suit tranquillement une émission religieuse de la Rts sur la vie du Prophète Mohamed (Psl). Sur sa couverture, juste au niveau de sa taille - parce qu'elle était allongée sur le lit – un chapelet. Habillée en djellaba noire, Aïcha Koné confirme la beauté de la femme noire aux dents de caolin. En elle, tout est art. Après les salutations et quelques questions sur le journaliste et son journal, Aïcha lance : « Je suis prête, on peut commencer ». C'est dans cette interview à bâtons rompus qu'elle se confiera au journaliste en ces mots:« en réalité, je ne veux pas mourir sur la scène. Je compte un jour me laisser la musique pour être une vraie Hadja et me rester à la maison pour méditer ». Mais avant cette retraite, elle a déjà préparé son héritier qui n'est autre que son fils Thiaga. Ce dernier a rejoint sa mère dans la chambre avant la fin de l'entretien. « Tu as vu, c'est lui Thiaga. Il paraît qu'il chante déjà bien et danse tout aussi bien. Le public a vraiment aimé sa prestation hier (ndlr : c'était le 2 mars 2009 », lance-t-elle.


Le Matin : Aujourd'hui, vous êtes à Dakar dans le cadre des préparatifs du troisième Festival mondial des arts nègres. Une rencontre qui doit se tenir au mois de décembre 2009 à Dakar et va regrouper les artistes du monde entier. Que représente pour Aïcha Koné le Fesman en tant qu'artiste africain?

Aïcha Koné : Je crois que c'est d'abord une manière de revenir à nos sources parce que je suis déjà venue ici quand j'apprenais à l'orchestre de la télé comme choriste. Elle était à l'époque dirigeait par Manu Dibango. Il y avait aussi Boncana Maïga. Nous étions venus ici pour un festival de la Foire de Dakar. Depuis lors, nous ne sommes plus revenus. J'aime bien ce festival parce que c'est un lieu de rencontre où nous nous découvrons et échangeons. Cela fait non seulement revivre le pays qui nous reçoit, mais aussi, permet à la culture de se redynamiser. Donc ce festival, c'est une affaire qui concerne tous les frères d'Afrique et de la diaspora. C'est un beau plateau de rencontre et un défi à relever surtout nous les artistes de la chanson. Le Sénégal a bien fait de faire revivre ce spectacle qui parlera et de la mode, et des écrivains. En résumé, l'art en général. On se retrouvera en décembre et je crois que ça donnera le clap qu'on attend de lui.

Selon vous, qu'est-ce que le secteur de la musique pourra gagner de ce 3 ème Fesman ?

On gagnera un plus. D'abord à mieux faire connaître nos valeurs culturelles. Ça c'est très bien. On espère aussi qu'il y aura des colloques, des rencontres et qu'on verra vraiment comment on pourra lutter contre la piraterie qui est un facteur négatif dans notre domaine. Et au-delà, faire connaître la musique africaine et l'art dans tout son contexte. Je crois que ce plateau nous offrira tout cela.

Le secteur de la musique a longtemps été mal vu, surtout celui de la musique moderne, en Afrique. Beaucoup de musiciens, après quelques années d'évolution dans la world music, changent pour s'adapter au contexte. Mais Aïcha Koné est restée la même tant sur le mode vestimentaire que du point de vue de son répertoire musical. Est-ce un choix d'Aïcha ou suivez-vous une ligne tracée par un de vos conseillers?

Je ne sais pas quoi dire. J'aime la chanson parce qu'avec elle, on a toujours son mot à dire. On est quelque part le porte-parole des sans voix. Moi, on m'a vue au pays. Quand il y a eu la guerre, je suis montée au créneau comme pas mal de gens pour ramener les citoyens ivoiriens vers la paix et voir comment trouver des solutions sans passer par les armes. Ce sont des chansons de ce genre que j'ai véhiculées. J'en profite encore pour dire merci à Youssou Ndour qui, pendant la crise au pays, essayait de savoir comment est-ce que ça allait. Quand je le voyais, son souci me disait que la paix revienne parce que beaucoup d'artistes africains sont passés par la Côte d'Ivoire. On ne peut que souhaiter la paix quand il y a la guerre quelque part. C'est quand même le préalable à tout facteur de développement. Donc j'en profite pour lui dire merci et dire merci à tous les autres artistes sénégalais et africains qui nous ont soutenus durant cette période de crise. Maintenant, pour ce qui concerne Aïcha, je crois qu'en Afrique, nous avons beaucoup de talents. Il faut pouvoir les exploiter et exploiter notre culture. C'est ce que je fais. C'est peut être cela ma force parce que je vends mon pays et la culture de mon pays. Je vends l'Afrique et la culture africaine. Et je les vends très bien, mais à ma façon. Sincèrement, c'est peut être ça le secret qui m'a fait résister aussi longtemps.

Aujourd'hui, on assiste à une floraison de l'industrie musicale en Afrique. Au Sénégal, des noms comme Youssou Ndour, Baba Maal, Ismaël Lô restent des pionniers incontestables dans ce domaine. Ils ne ménagent aucun effort pour soutenir la jeune génération. Est-ce le cas pour Aïcha en Côte d'Ivoire ?

Bon, il fait dire qu'en Côte d'Ivoire, il y a Gadji Celli et moi qui avions acheté un studio que nous allons bientôt monté et voir sur place comment cela pourrait intéresser ceux qui voudraient s'adonner au métier de la musique. Peut être ça leur fera moins de frais que de vouloir d'abord lutter pour avoir un visa et aller en Europe. En Afrique, nous avons des musiciens talentueux, mais ce sont des infrastructures qui manquent. Nous sommes en train de voir comment remédier à cela. Mais le problème majeur reste la piraterie. Même si nous avons de très bons studios de production, tant qu'il n'y a pas une bonne politique de lutte contre la piraterie, il y aura toujours des problèmes. Nous risquons tous de mettre nos clefs sous le paillasson. Comment lutter contre la piraterie ? C'est notre vrai problème. Je crois qu'il y a aussi un facteur très important. C'est-à-dire, permettre aux artistes en Afrique de circuler sans trop de problèmes de visas. Comment faire pour entrer en Afrique du Sud ? Comment échanger avec eux? C'est très important. En Afrique du Sud, à part Myriam Makéba et Lucky Dube, je ne connais pas beaucoup d'artistes de ce pays. Nous devons aussi faire de sorte que nos clips puissent circuler dans tous les pays d'Afrique sans aucun problème. Mais le facteur le plus important pour moi, c'est toujours la piraterie.

Selon Aïcha Koné, quelle est la meilleure façon pour lutter contre la piraterie en Afrique ?

Je ne sais pas. Je ne sais pas parce que c'est assez compliqué.

Donc quel message lancez vous aux décideurs politiques pour lutter contre la piraterie ?

Je ne sais pas. Il faut qu'ils s'intéressent et se penchent un peu sur nos problèmes. Et qu'ils voient, même s'il faut trouver une brigade pour sécuriser nos ½uvres, comment interdire sur les marchés, les ½uvres piratées. Mais avant ça, il faut d'abord une grande campagne de sensibilisation parce que dans certains milieux, les gens ne comprennent pas que la piraterie est un crime. Celui qui parfois pirate, ne sait pas dans bien des cas le risque qu'il court. Je ne parle pas des grandes maisons. La plupart de nos parents qui achètent les ½uvres piratées sont nos admirateurs. Mais, ils ne savent pas qu'une ½uvre piratée, tue son artiste. Il faut qu'on leur explique tout cela.

Devant Aïcha Koné un chapelet. Qu'est ce que la religion représente pour toi ?

Je crois que la religion reste notre force dans la vie. Comme on le dit, la prière repose l'âme. Nous devons savoir que tout ce que nous faisons est adossé à Dieu. Ça nous réconforte et quelque part, ça nous donne beaucoup de force pour agir sûrement bien.
(Rires...) On essaie d'éviter le mal autant qu'on peut. Je suis née musulmane. Je pratique ma religion et j'ai même fait le « hadj » (ndlr : pèlerinage). Pendant mes heures creuses, je suis beaucoup sur le chapelet pour faire le zikr. Je suis contente là où je suis parce que je suis sur la Rts un film qui parle de la vie du Prophète Mohamed (Psl).

Vous appartenez à une confrérie ?

Pour le moment non. Tijania, peut être quand je vais décrocher.

« Peut être quand je vais décrocher » signifie qu'Aïcha prépare sa retraite. Est-ce que vous avez déjà préparé votre relève ? Si oui comment s'appelle votre successeur. Si non pourquoi ?

Il y a mon fils Thiaga qui s'intéresse à la musique. Le public l'a vu. Il paraît qu'il chante bien déjà et danse tout aussi bien. Mon rêve, ce n'est pas de mourir sur la planche. Je compte un jour me retirer. Je ne sais pas quand, mais je le ferai. Parfois, je me dis"est ce que ce métier rime forcément avec ma religion". Je ne sais pas. Et puis, ma mère n'a pas voulu que je sois chanteuse, il y a ça aussi. Au soir de sa vie, c'est ça qu'elle me disait toujours. Je sais qu'un jour, je me retirerai de la scène pour être une vraie Hadja et rester à la maison pour méditer.

Si je comprends bien, Aïcha Koné prépare sa retraite musicale ?

Je ne sais pas. Mais une chose est sûre, je ne veux pas mourir sur la planche. C'est vrai que j'ai beaucoup d'admiration pour Myriam Makéba qui m'a inspirée, mais nous ne pratiquons pas la même religion. En tout cas, mon rêve n'est pas de mourir sur scène.

Aujourd'hui, quel regard portez -vous sur la musique africaine moderne?

La musique africaine, on la critique. Mais chanter pour moi, c'est dire quelque chose, c'est éduquer, c'est informer, c'est former. Donc pour moi, je suis venue au monde pour accomplir une mission. C'est ça le rôle d'un artiste. C'est pour cela que chacun doit apporter sa pierre à l'édifice.

Aïcha Koné n'est plus à présenter. Donc ce qui veut dire que l'expérience et l'expertise sont là. Aujourd'hui, quel conseil donneriez-vous aux jeunes africains qui sont dans la musique ?

C'est d'aimer ce métier qui comme tout autre métier, est très passionnant. Il faut avoir l'amour de sa patrie et de son métier. Et ne pas venir dans ce métier parce qu'on a pas réussi ailleurs. C'est un métier noble qu'il ne faut pas négliger, car il peut faire développer son pays et sa culture.


Propos recueillis par Cheikh Talibouya AÏDARA

Paru dans Le Matin du 14 mars 2009
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 21 mars 2009 13:54

COUMBA GAWLO

COUMBA GAWLO

"... Je me vois bien aux Etats-Unis en train de jouer de grands rôles dans les films"

Elle s'appelle Coumba Gawlo et n'est plus à présenter. De père auteur compositeur et de mère chanteuse, elle a une chance que les autres n'ont pas. C'est d'appartenir à une famille de griots par tradition depuis des centaines d'années. En d'autre terme, elle a la musique dans le sang. « Mes grands parents et arrières grands parents étaient des griots dans le domaine religieux et traditionnel » lance-t-elle aux reporters. Elle a grandi dans la musique parce qu'elle a commencé à accompagner ses parents à la répétition depuis l'âge de sept ans. Et c'est elle qui tapait non seulement la calebasse qui servait de percussion, mais aussi jouait la choriste de sa mère. A quatorze ans elle a gagné le prix du concours de chant, « la voix d'or ». Après 20 ans de musique, Coumba Gawlo s'est trouvée une bonne place au soleil. Et pas n'importe laquelle. Dans son bureau quelque part à Sacré C½ur non loin de Liberté VI, elle se confie au journaliste en ces mots : « J'avoue que je rêve de faire du cinéma. Je me vois bien aux Etats-Unis en train de jouer de grands rôles dans les films ».


Faire vingt ans de musique n'est pas donné à quiconque. Coumba Gawlo l'a fait. Celle qui était la star des Lycéens est devenue aujourd'hui une star internationale. Pouvez-vous nous faire le bilan de vos 20 ans de musique ?

Le bilan, il est très positif. Je pense qu'au cours de ces 20 années, j'ai acquis beaucoup d'expériences et beaucoup de choses. Il m'arrivait parfois de chuter, de trébucher et de me relever comme ça peut arriver dans la vie de tout homme. Mais après je me relève en gardant de bonnes leçons, de bons souvenirs et en essayant de laisser derrière moi les mauvais souvenirs. Ces vingt ans sont très positifs pour moi car je suis la première femme sénégalaise à entrer dans le milieu de la musique moderne. Depuis je suis restée dans la même direction et j'essaie chaque jour de faire meilleur pour satisfaire les fans de la musique.

Les relations entre Coumba Gamlo et Myriam Makéba sont connues de tous. Aujourd'hui qu'elle n'est plus, est ce que vous préparez quelque chose en hommage à cette grande diva de la musique africaine ?

Ça mort a été un grand choc pour moi. Elle représentait beaucoup dans ma vie et m'a appris beaucoup de choses. Pour sa mémoire, je vais travailler à une plus grande implication dans la culture sud africaine. Et au-delà, maîtriser le répertoire sud africain. Je pense que pour ça mémoire, ça sera une bonne chose. Myriam Makéba est une grande de la musique africaine. Elle est connue partout dans le monde. Sa musique montre la diversité et la richesse du répertoire sud africain. Il y a de grandes icônes de la musique africaine telle Yvonne Chacaca. Peut être qu'elle n'est pas connue comme Myriam Makéba, mais c'est une grande personnalité de la musique africaine.

En parlant d'Yvonne Chakaka, c'est une occasion pour nous de revenir sur cette grande diva de la musique sud africaine qui a complètement disparu. Qu'est-elle devenue ?

Elle est toujours là. Vous savez, elle n'est plu jeune. Yvonne est une des pionniers de la musique sud africaine. Même que les gens ont plus les nouvelles de « Mama Africa », Myriam Makéba mais Yvonne est toujours là et évolue à sa façon dans son pays. C'est vrai qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de jeunes qui émergent, mais Yvonne se porte très bien.

Dans la vie de l'homme, il y a des moments qu'on n'oublie jamais. Qu'est ce qui a de plus marqué Coumba Gawlo ?

Comme tu l'as bien dit, dans la vie d'une personne, il y a des choses qui l'a marquent selon l'évolution, le temps, les années. Chaque jour que vous vous réveillez, il y a une chose qui vous marque, mais il y a des choses particulières qu'on oublie jamais. Aujourd'hui (Ndlr jeudi 26 février 2009) la chose qui m'a le plus marqué, est la réhabilitation de l'école Mouhamadou Mansour Sy de Tivaouane. D'abord parce que c'est ma ville natale. J'y suis née, j'y ai grandi et j'y ai vécu. J'ai beaucoup emprunté les rues de Tivaouane, d'un quartier à un autre, en marchant jusqu'à l'âge de quatorze ans. Il n'y a pas d'autres moyens et parfois, il fait extrêmement chaud. Ensuite parce que ma famille y vit. Cette réhabilitation de l'école Mouhamadou Mansour Sy m'a permis en tant que Sénégalaise de pouvoir apporter ma pierre à l'édifice nationale. Au delà de l'état actuel des travaux, je suis satisfaite de l'idée du projet, celle de réhabiliter cet espace pour les enfants. D'un montant de 84 507 818 fcfa, ce projet est financé à hauteur de 56 350 000 f cfa par le coopération française. Il vise à réhabiliter les 13 classes que compte cette école vieille de cent ans et dont l'état de délabrement avait atteint un niveau inquiétant à en croire potaches et enseignants qui la fréquentent. Nous projetons d'organiser un festival dénommé "aidons les enfants à grandir" dont les recettes iront intégralement aux enfants par des actions similaires pour améliorer leur condition de vie et d' études en réhabilitant un peu partout des écoles à travers le Sénégal. Ce que nous pensons, c'est quelque chose qui sera éternelle, car elle va permettre à des générations et des générations d'apprendre. Je pense que la journée d'aujourd'hui a été très particulière pour moi parce qu'elle marque une étape importante de ma vie.

Depuis quelques années beaucoup d'organismes internationaux vous ont choisi pour être un Ambassadeur de bonne volonté. Que représente pour vous ce choix porté sur votre personne?

Ça représente beaucoup pour moi. C'est un challenge, beaucoup de responsabilités et de fierté. C'est quelque chose que j'aime faire. Moi je suis quelqu'un de très patriote et citoyenne. J'aime beaucoup le Sénégal et je crois beaucoup en mon pays. Je pense que si nous acceptions tous à mettre la main à la patte on arrivera à développer le Sénégal. Je suis contente que des organisations internationales portent leurs choix sur ma personne. C'est une marque de confiance, de sérieux et du travail bien fait.

Dans votre carrière, vous avez eu à faire des déplacements dans des camps de réfugiés. Vous avez rencontré des gens qui ont perdu leurs pères, leurs mamans, leurs frères ou s½urs. D'autres ont même tout perdu. Quel message vous avez retenu de ces déplacements ?

Le message que j'ai retenu est simple : Il n'y a rien de meilleur que la paix. Les guerres et les disputes, ne créent que du désordre et de la désolation. Aujourd'hui quand on va dans ces camps de réfugiés, on comprend bien c'est quoi la guerre. Nous devons oeuvrer pour la paix. C'est la paix qui permet l'union d'une nation, l'échange, l'épanouissement etc. A chaque fois que j'ai été visitée des camps de réfugiés à Kwenella en Gambie à Thiès, j'ai été vraiment touchée. Un jour on m'a appelé pour me dire qu'une des femmes qui étaient au camp de Thiès venait d'avoir une fille et que son père lui a donnée le nom de Coumba Gawlo. Ce qui m'a beaucoup touché.

Aujourd'hui on assiste à l'entrée de beaucoup de musiciens dans le monde du cinéma. Est-ce que Coumba Gawlo serait tentée par le cinéma ?

Ah oui ! Moi mon rêve, ce serait de faire du cinéma. Moi je suis une artiste et une artiste au fond de moi-même et au plus profond de mon âme. Et quand je suis là, je suis profondément culturelle parce que c'est la seule chose qui me permet de sortir de mon carcan sérieux. Dans ma vie de tous les jours, je reste une personne extrêmement sérieuse. Peut être parce que j'ai eu des responsabilités très tôt en restant dans un environnement carré, enfermé. La culture me permet de vivre et de m'éclater. Et mon rêve aujourd'hui, est de faire du cinéma. A chaque fois que je regarde les films, je m'imagine aux Etats-Unis en train de jouer de grands rôles. Je me suis dit : Coumba, continue de chercher. Je cherche. Je veux. J'aimerai bien. J'avoue que j'ai été contactée par des scénaristes pour jouer tel ou tel film. Mais ça n'a pas donné grande chose parce que je n'ai pas aimé le scénario. J'ai trouvé prématuré parce que je n'étais pas encore prête. Mais bon, j'avoue que s'il y a un rôle intéressant, je suis prête à prendre.

Est-ce que vous avez une fois fait un casting pour un film et que vous n'avez pas été retenue ?

J'ai failli être choisie pour jouer le rôle de Joséphine Becker quand j'ai sorti mon album « Pata-Pata ». Mais c'est ma taille qui m'a privée ce rôle parce que j'étais trop grande. La rencontre avec les scénaristes et le producteur a eu lieu à Paris. J'étais triste parce que je serais ravie de jouer ce rôle là, mais eux, ils étaient beaucoup étaient plus tristes que moi. Mais quand, ils m'ont vu, ils ont dit : « Ay yaya, elle est très grande celle-là ».
(Rire...) Je leur dis, si vous voulez, vous pouvez couper mes jambes pour l'occasion. Et pourtant quand, ils m'ont vu à la télé, ils ont dit, « c'est celle-là qu'il faut chercher. Elle est noire, belle, charmante. Elle a tout ce qu'il faut. » Malheureusement, ma taille me l'a privée. Ça m'a un peu fait mal quand même. Mais ce n'est que partie remise.

Propos recueillis par Cheikh Talbiyou AÏDARA
Paru dans Le Matin du 7 mars 2009
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 06 mars 2009 18:57

Modifié le vendredi 06 mars 2009 19:09

CHEIKH TIDIANE GADIO, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DU SENEGAL

CHEIKH TIDIANE GADIO, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DU SENEGAL

« La situation manque de clarté à Bissau »

Après une mission de quelques heures à Bissau avec la Commission de la Cedeao, le ministre d'Etat, ministre des Affaires Etrangères du Sénégal, Cheikh Tidiane Gadio fait le bilan de la mission. Il a assisté à l'installation du président intérimaire qui s'est « déroulée avec beaucoup de dignité ». Néanmoins, il reconnaît que la situation à Bissau manque de clarté.


« Je crois qu'on a eu une journée spéciale. On était allé pour une mission de la Cedeao avec beaucoup d'appréhensions. Jusqu'à hier, on avait pas de visibilité sur la situation réelle à Bissau. Donc on est arrivé avec un message de la communauté qui devrait être un message très clair. C'est à dire qu'on serait opposé de façon très ferme à tout changement anticonstitutionnel, si cela était la raison essentielle des événements tragiques qui se sont déroulés à Bissau. Mais avant même d'arriver, on a entendu la déclaration des militaires qui nous avait quelque peu rassurée. Et arrivé sur place, jusqu'au moment où je vous parle, les choses se sont très bien déroulées. On a eu la chance d'aller à l'Assemblée pour assister à la mise en place d'une transition constitutionnelle de l'ancien Président de l'Assemblée Nationale qui devait être le Président de la République par intérim. Tout s'est fait sous nos yeux et ça s'est déroulé avec beaucoup de dignité et de sérénité et nous en étions bien entendu ravis. »

Comment il a été tué ?

« Maintenant moi j'ai eu la chance au nom du Président Abdoulaye Wade de me rendre à l'Ambassade de l'Angola et de rencontrer la veuve du Président Vieira. Il faut dire que ça était le moment le plus difficile pour moi dans ma journée à Bissau parce que c'était extrêmement pénible. C'est que je connaissais très bien la première Dame de Guinée Bissau et le Président Vieira avec qui j'avais des relations de petit et de grand frère. Il m'estimait beaucoup et me l'a toujours prouvé. Aujourd'hui j'ai vu sa veuve presque détruite par les événements dont elle a été témoin. Ce qui l'ont fait, on fait preuve d'une cruauté particulière. En dehors de tuer votre époux, contrairement à ce qui a été dit, on a parlé d'égorgement, et d'ailleurs ce que j'ai compris, ce n'était pas le cas. Il y a eu une violence inouïe, on a déchargé des pistolets mitraillettes sur le Président Vieira et ensuite apparemment, il semblerait qu'ils ont utilisé des coupe-coupe et des machettes pour finir leur travail. Tout cela sous les yeux de Madame Vieira. Je trouve ça inqualifiable. Il n'y a pas de mots assez forts pour soumettre un être humain à ce genre de sévices. Et j'ai dit tous les mots de réconfort au nom du Président Wade et au nom de mes relations avec cette famille. Mais, on ne peut pas trouver de mots assez forts pour réconforter une personne dans des situations pareilles. Et elle a insisté sur la manière dont ils ont tué son mari. Vraiment ça vous fend et vous brise le c½ur. C'est une extrême tristesse. »

Mission de la Cedeao

« Maintenant revenons à la Cedeao, nous avons dit que la mission avait trois objectifs. Premier objectif, présenter nos condoléances au peuple de Guinée Bissau et à son Gouvernement. Dans le deuxième point nous voulions savoir ce qui s'est passé. Hier tout le monde savait ce qui s'est passé, aujourd'hui plus personne ne sait ce qui s'est passé. Tout le monde reconnaît que la situation n'est pas confuse, mais elle manque de clarté. On ne sait plus exactement qui a fait quoi, quand et pourquoi ? Je pense que si l'Afrique laisse passer sans aucune enquête internationale et africaine forte pour déterminer les causes de cette tragédie, elle pourrait se reproduire. Et pourrait même être une tragédie nomadique. C'est-à-dire quitter un pays pour aller vers un autre. Il se passe quelque chose en Afrique de l'Ouest. Quoi exactement ? Je ne sais pas. Parce que tuer un Chef d'état major en utilisant une bombe programmée, c'est une première. Trouver un Chef d'Etat chez lui entre 5h et 6h du matin et l'exécuter froidement devant son épouse, c'est pas juste. Il y a quand même des choses nouvelles qui se sont passées. Autant l'aspect tragique qui nous émeut profondément, mais le réalisme politique fait qu'on ne doit pas laisser échapper cette affaire. J'ai discuté avec le Premier ministre de Guinée Bissau qui a été très sympathique et a accepté nos condoléances avec beaucoup de sens de la solidarité africaine, mais en même temps qui a accepté avec nous de savoir ce qui s'est passé. »

Commission d'enquête indépendante

« Le Président Chambaz de la Cedeao est d'accord avec le Sénégal qu'il faut impérativement une commission d'enquête indépendante se mette en place, renforcée par une expertise internationale (Nations Unies, Cedeao, Union Africaine, Union Européenne), après il faut qu'on dise d'abord à la famille du Président Vieira, ensuite au peuple de Guinée Bissau, à la communauté ouest africaine et à l'Afrique toute entière qu'est ce qui s'est passé. Qui a tué et pourquoi? Et à partir de ce moment on pourra comprendre la suite et continuer comme le demandent certains, les élections. Nous sommes pour une transition civile et civilisée, basée sur la constitution, tout ça c'est bien. Venir aujourd'hui, au lendemain des événements tragiques et dire au peuple de Guinée Bissau, la priorité absolue, c'est d'avoir des élections dans 60 jours, je trouve que ça pose quand même des problèmes dans l'organisation des priorités. »

Conseil extraordinaire sur Bissau
« Le troisième élément important que nous voulions discuter en tant que Cedeao sur ce qu'on doit faire maintenant pour la Guinée Bissau. Et là, il y a deux points. Nous avons fait la proposition qui a été acceptée. Il faut un conseil extraordinaire des ministres des Affaires Etrangères de la Cedeao à Bissau même dans les semaines à venir. Le Président Chambaz l'a approuvée et ça va figurer dans le communiqué final qui doit sanctionner la mission que nous avons effectuée. Le Sénégal va relancer sa proposition d'une conférence internationale urgente sur la Guinée Bissau autour des trois points que le Président Abdoulaye Wade avait énoncé, c'est-à-dire « stabilité, sécurité et développement économique de la Guinée Bissau ». »

Situation maîtrisée
« On a quitté la Guinée Bissau rassuré, mais en même temps très vigilant et très préoccupé. Par contre on a compris ce qui s'est passé. Aujourd'hui on nous a signalé un incident extraordinaire. Une voiture dont le pneu a éclaté en début d'après midi, les militaires ont cru que ce sont les hostilités qui reprenaient, ils ont voulu tirer en l'air. Il y a eu une sorte de panique générale. Les gens ont fermé les marchés et les boutiques. Dieu merci, la situation a été maîtrisée très rapidement. On n'a pas vu de militaires dans la rue. C'était le calme à Bissau et on prie pour que cela continue. »

Les funérailles nationales

« Pour les funérailles, on m'a donnée une date, mais c'est une confidence. Par respect à la famille et ses enfants qui doivent quitter l'Europe et transiter à Dakar pour se rendre à Bissau, je ne peux pas me prononcer sur cette question.
En tout cas, le Président sera traité avec tous les honneurs dus à son rang par son peuple et par son pays. Je n'ai pas rencontré une quelque personne qui semblait éprouver une satisfaction quelconque pour la situation qui s'est déroulée à Bissau. La première Dame a fait preuve d'une très grande dignité entre les craintes qu'elle éprouvait et l'attitude humaine qui consiste à dire que « je vais donner une sépulture digne à mon mari », elle a choisi la deuxième. Elle dit qu'elle ne quittera pas la Guinée Bissau tant que son mari ne sera pas enterré et traité avec dignité. Et ça, j'ai trouvé que c'est à son actif et il faut vraiment lui reconnaître. Mais, c'est une personne qui est vraiment blessée. On lui a fait témoigné la mort de son mari. Elle a accepté tout ce que le Sénégal lui a proposé. »

Lutte contre les narcotrafiquants

« Il faut que l'Afrique de l'Ouest déclare une guerre à cette histoire de drogue dont on parle et que parfois les gens ne prennent pas au sérieux. Parce que si cette crise en Guinée Bissau est liée à cela, c'est une catastrophe. Ces gens là sont bien arrivés et bien installés et commencent maintenant à décider des questions de pouvoir politique à savoir qui doit diriger tel ou tel pays. Je crois que c'est un signal fort. Il faut une enquête internationale urgente, approfondie et rapide, capable de délivrer ses conclusions pour qu'on sache ce qui se passe en Guinée Bissau. »

Sécurité en Casamance

« Jusqu'à présent on ne connaît pas quelqu'un dans la classe politique Bissau guinéenne ou dans l'armée qui affiche une hostilité quelconque par rapport au Sénégal et qui serait prêt à remuer un peu la crise casamançaise comme fonds de commerce politique dans la sous région. Les personnalités avec lesquelles j'ai discuté ont vite insisté sur le fait que rien ne changera dans la politique de la Guinée Bissau dans le soutien à une résolution pacifique de la crise casamançaise. Ils sont engagés à fond et nous ils nous l'ont réaffirmés. Il est important de le dire. »

Cheikh Talibouya AÏDARA
Paru dans Le Matin du 4 mars 2009


[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 03 mars 2009 19:29